Dix rêves de pierre

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Par Blandine Le Callet

Certaines inscriptions funéraires possèdent un singulier pouvoir d’évocation ; leur lecture fait surgir le fantôme de personnes disparues depuis parfois des siècles. Blandine Le Callet réunit dans ce recueil des épitaphes authentiques, à partir desquelles elle imagine les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt. Elle ressuscite un jeune esclave à qui l’on vient d’offrir sa liberté, un philanthrope piégé dans l’étouffant huis clos d’un bordel parisien, deux êtres unis par un amour hors norme en route vers leur destin, une vieille dame acariâtre rédigeant son testament, et bien d’autres encore… Dix destins arrêtés par des morts douces ou violentes, subites ou prévisibles, solitaires ou collectives. Dix nouvelles tour à tour poétiques, féroces, tendres, dramatiques, nostalgiques ou grinçantes, dépeignant une humanité toujours assaillie par les mêmes passions, les mêmes peurs et les mêmes espoirs. Dix « rêves de pierre » pour conjurer l’oubli.

Oh comme parfois il est doux et jubilatoire de trouver une si belle surprise au pied du sapin…

Le petit livre ne payait pas de mine. J’avais à peine effleuré le quatrième de couverture et l’avait remis dans son petit sac, à coté d’autres plus gros, plus impressionnant, certainement plus connus…

Et pourtant quelle belle idée que celle que tisse Blandine Le Callet dans ces dix nouvelles. Un peu osée, l’idée. Partir d’une épitaphe et imaginer ce qui a bien pu se passer dans les derniers moments de la vie de l’homme ou la femme enterré là. L’épitaphe n’arrivant qu’en fin de nouvelle. M’étant parfois perdu dans des cimetières (certains très beaux, d’autres très tristes) certaines pierre tombales avec leur dates, leurs inscriptions, leur manufacture nous interroge. Et je me prenais facilement à me poser des questions, à imaginer le chagrin d’une mère dont les deux enfants étaient morts à quelques années d’intervalle. Le cimetière est souvent un lieu de silence, nous y marchons sur le pointe des pieds et y parlons à voix basse comme si nous avions peur de réveiller les morts qui dormaient là.

Chaque histoire nous entraîne dans le passé, dans les vies de tous ces hommes et femmes dont nous sommes sûrs d’une chose à la fin : il y aura un mort. Les pages pourraient être tristes ou macabres. Bien au contraire elles sont pleines de vie, d’amour, de sourires. Derrière chaque pierre tombale, chaque épitaphe il y a des vies qui se sont brisées, parfois subitement. Je ris et verse une larme…

Chaque vie de ces histoires est belle, un livre qui fait du bien.

 

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Dix rêves de pierre », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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