Mr Peanut

Mr Peanut

Par Adam Ross

David Pepin a toujours aimé sa femme, Alice. Pourtant, parfois, il rêve de sa mort. Mais peut-on être coupable des rêves que l’on fait ? Le problème, c’est qu’Alice est morte. Réellement. Pour les deux policiers en charge de l’enquête, David apparaît aussi suspect qu’il est désemparé. Mesurant sa culpabilité à l’aune de leur propre histoire conjugale, il leur devient clair que son rôle ne se limite pas à celui du mari inconsolable… Adam Ross livre un premier roman, hypnotique et intense en disséquant à travers la genèse de ces trois mariages, la réalité effroyable et tragique de la vie à deux.

Tout ça pour ça ?

Bon, soyons honnête et reprenons du début. Je ne vous cache pas que telle était ma réaction quand j’ai fermé ce livre. Pourtant tout au long, les pages se tournaient les unes après les autres, pesantes, gênantes, j’attendais un moment de libre pour me replonger dans la lecture… Mais je comprends vite que la fin sera comme celle d’un film où l’on se dit qu’on n’a rien compris, et surtout pas la chute. Ne nous attardons pas sur cette fin donc, qui se veut le dénouement de l’intrigue policière qui n’est de toute façon pas l’intérêt (ni le but ?) de ce livre.

David Pépin rêve qu’il tue sa femme, il flirte avec ce fantasme. Pourtant Alice mourra d’avoir avalé deux cacahuètes dont elle se sait allergique. Mais est-elle vraiment morte ainsi ou est-ce juste dans l’imagination de Pépin ? Ou dans la version qu’il sert aux deux policiers qui mènent l’enquête ? Hastroll et Sheppard, les deux policiers, ont d’ailleurs eux-aussi des vies conjugales plutôt compliquées. La femme du premier refuse de sortir de son lit, tandis que le second, ancien médecin, passe dix ans derrière les barreaux pour avoir assassiné la sienne avant d’être innocenté (cette affaire, réelle, est d’ailleurs un mystère policier, l’assassin n’ayant pas été arrêté…)

Tout au long du livre Adam Ross se joue du passé, du présent, de l’imagination de ses personnages qui racontent leur version de l’histoire et des faits réels. Il digresse longuement sur l’affaire Sheppard (200 pages environ sur les 570 que compte le livre), racontée par le mari lui-même et par un petit homme inquiétant que l’on retrouve tout le long du livre comme une âme maléfique, Möbius, un détective privé qui propose des prestations allant bien plus loin que la simple filature. Pour ne rien simplifier, David Pépin écrit lui-même un livre… un livre dont il ne parvient pas à rédiger la fin parce que cette fin, qu’il sent comme inéluctable, c’est la mort de sa femme. Alors, que lit-on ? Le livre de Pépin ou un livre sur Pépin ? L’histoire aurait pu être très simple, mais l’auteur brouille habilement les pistes.

Sous ses dehors de roman policier, Ross dresse surtout une fresque des relations hommes – femmes, sans concession. Du point de vue masculin essentiellement, les femmes n’ont pas vraiment le beau rôle, et seul le point de vue de Marylin Sheppard est évoqué. Pourtant je ne parviens pas à me projeter dans l’image catastrophique du couple que dresse l’auteur. Les couples se déchirent après quelques années de passion. Mari et femme ne parviennent plus à se parler sans s’engueuler. La seule façon de sauver ces mariages à la dérive semble ne pouvoir passer que par l’éloignement, l’adultère ou… la mort. A vous dégouter du mariage.

Le livre est dense et intense, parfois gênant et noir. Alfred Hitchcock n’est jamais loin. Alice et David se rencontrent dans un cours sur le réalisateur. Ross en profite pour une courte incursion dans son univers. Il s’amuse avec nos nerfs, les trois histoires se croisent et se répondent, autant de pistes qu’explore le lecteur pour tenter de comprendre.

Mais y a-t-il seulement quelque chose à comprendre quand il s’agit des sentiments ?

 

 ***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Mr Peanut », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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