Les souvenirs

Les souvenirs

Par David Foenkinos

« – C’est pour quoi ? me demanda le caissier.

– Il y a huit ans, j’hésitais devant toutes les barres chocolatées. Je ne savais laquelle choisir. Et vous m’avez conseillé des Twix parce qu’ils sont deux.

– Ah bon ? Il y a huit ans ? Je ne m’en souviens pas. Vous voulez quoi ? Un autre Twix ?

– Non. C’est juste que j’ai des problèmes en ce moment dans mon couple. Alors, je voulais avoir votre avis. Je me suis dit que vous deviez être aussi doué avec les femmes. »

Comme dans la Délicatesse, David Foenkinos parvient à traiter avec beaucoup d’humour des moments graves d’une vie. Il sait comme personne trouver le détail qui enchante notre quotidien pour évoquer la vieillesse, le passage à la retraite, la vie conjugale. Tous les événements d’une vie qui forment les souvenirs.

(Petite précision préliminaire : cette quatrième de couverture est celle de l’édition poche de Folio, et non celle de Gallimard. Folio a pris des passages qu’il a mis bout à bout pour en faire un dialogue qui n’est pas vraiment dans le livre…)

« Le passé ne peut alimenter plus de dix minutes de conversation ».

Pourtant Foenkinos s’offre le luxe de 300 pages d’allers et retours entre passé et présent. Il m’a fallu attendre que la grand mère de Patrick (dont on n’apprend le prénom qu’à la 183ème page, parce les prénoms des membres de la famille ne sont pas importants, ils sont père, mère, grand père ou oncles, grand mère ou frère… ; je me souviens (c’est de circonstances) avoir longtemps ignoré (ou oublié) les prénoms de mes propres grand parents…) fugue de sa maison de retraite, que son petit fils la retrouve dans les souvenirs de son enfance, pour enfin accrocher. Un début (très) laborieux donc où le narrateur tourne en rond dans ses pensées sans nous mener nulle part. Et le style va avec, entre redondance et insistance : on fait du sur place, comme dans une vie sans saveur.

Foenkinos plonge (au sens littéral du terme) dans la subjectivité de souvenirs qui ne nous appartiennent pas, qui n’appartiennent pas tout à fait au narrateur non plus. L’histoire n’est que le fil conducteur de réminiscences d’hier inspirées par un présent que le narrateur ne vit pas. Tout semble simple dans ces souvenirs. Simple, beau (à défaut d’être toujours heureux) et nous sommes souvent entraînés vers une forme de nostalgie. Comme si tout était mieux avant et qu’à présent tout est tortueux. Pourtant les enfants sont « heureux de vivre dans aujourd’hui ». L’adulte, lui, se réfugie dans son passé et oublie de vivre le présent. Une fuite. Une fugue. Peut être pour se déculpabiliser de ne pas être à la hauteur au jour le jour et d’assister, impuissant à l’effondrement de son monde et à la platitude de sa vie.

Et puis l’amour (on lit un Foenkinos tout de même) s’invite pour bousculer le gris. Le présent reprend ses droits, les pages dégoulinent d’émotions insouciantes et fragiles. Réveil.

Aujourd’hui construit les souvenirs de demain.

Le cycle se répète, un peu irrémédiablement dans une famille qui n’a vu naître que des hommes. D’ailleurs, les dernières pages du livre reviennent sur les lieux des premières, Guignol.

Le narrateur l’admet, il n’est « pas très bon au démarrage ». Je confirme. Un peu en vrac il couche sur le papier ses souvenirs et nous les remet avec beaucoup de sensibilité. Je n’ai pas été transporté comme j’ai pu l’être dans d’autres livres de cet auteur.

 

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Les souvenirs », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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