Le 6ème continent

Le 6ème continent

Par Daniel Pennac

Le 6e Continent

Comment diable une famille obsédée par la propreté peut-elle, en trois générations, devenir la source de la plus gigantesque pollution de l’histoire de l’humanité ? La réponse est dans Le 6e Continent, drame familialo-planétaire, en trente mouvements qui conduisent au désastre. Il ne reste plus qu’à en rire. 

Ancien malade des hôpitaux de Paris

Cette nuit-là, le docteur Galvan trouva la foi, la perdit, la retrouva, la perdit à nouveau, et ainsi de suite car la nuit fut longue. Il fallait qu’il le raconte à quelqu’un. Désolé que ce soit vous.

Le dernier opus de Daniel Pennac (publié en 2012 déjà !) comporte deux parties. La première est une nouvelle, la seconde une pièce de théâtre.

Ancien malade des hôpitaux de Paris, la nouvelle donc, c’est l’interne Galvan rêvant à sa carte de visite et ce qu’il pourrait y apposer, une accroche qui en mettrait plein la vue à ceux à qui il l’a donnerait. Sauf que voilà, rien ne se passe comme prévu. La nuit tranquille aux urgences devient une course pour sauver un homme semblant plutôt pas trop malade alors qu’il était dans la salle d’attente mais dont l’état brusquement empire. Superbement écrite, comme d’habitude, cette nouvelle, qui est d’ailleurs plutôt un monologue (« il fallait que je le raconte à quelqu’un. Désolé que ce soit vous », excellent !) de l’interne avec un personnage qui n’apparaît jamais, et qui est chacun de nous (un exercice déjà réussi avec brio, j’avais adoré) est très rythmée, jouant sur la répétition des situations. La chute est excellente et inattendue, grinçante, à défaut d’être drôle. Une lecture très agréable.

La seconde partie, le 6ème continent, est une série d’exercices d’improvisation dont Pennac en serait le librettiste. C’est un peu plus que ça en fait. Pennac a suivi pendant plusieurs années la troupe internationale de Lilo Baur qui a inspiré ce texte. Une famille travaille dans la savonnette, de père en fils. Une obsession de la propreté et de l’ordre qu’une course aux bénéfices de l’entreprise familiale qui grandit va transformer en fabrique à déchets au milieu desquels les personnages vont nager et se perdre, comme témoins de leur oeuvre. Mais, à contretemps de toute morale, l’esprit d’entreprise reste le plus fort…

Le didascalies sont précises et fournies, cassant un peu nos envies d’imagination, liant chaque scènes, parfois sans transition, racontant cette fable écologique. Pourtant ces descriptions de passage d’un tableau à l’autre sont superbes. La robe de mariée devient tente. Un homme se retrouve complètement dépouillé de ses vêtements au milieu de ces déchets… Le texte n’est pas toujours fouillé et j’ai sous la main clairement, un exercice théâtral que je trouve très poétique, avec une écriture de grande qualité (c’est du Pennac tout de même) et un message l’étant tout autant. La mise en scène de Lilo Baur est complètement intégrée dans le livre, ce qui peut parfois rendre la lecture fastidieuse mais qui m’a pour ma part fait regretter de ne pas habiter Paris pour voir cette pièce aux bouffes du Nord…

 

 ***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le 6e continent », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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