Harold

Harold

Par Einzlkind

Casanier, oui ! Harold l’est. Très timide aussi. En fait, il a peur de tout. Son plus grand plaisir est de mettre en scène son suicide dans l’entrée de l’immeuble londonien où il habite seul. Ses voisines s’y sont faites.
Après avoir été licencié du supermarché où il vendait de la charcuterie, Harold se fait piéger : une voisine récemment arrivée veut lui confier Melvin, son fils surdoué de 11 ans, pendant toute une semaine. Harold n’a ni le temps ni le courage de refuser.
Melvin et son regard impitoyable sur le monde bousculeront la vie et les émotions d’Harold. Surtout lorsque le garçon, à la recherche de son père qu’on lui cache, emprunte la voiture de sa mère et invite Harold au volant…
Un roman road movie délicieusement décalé, au ton impertinent, lucide, et, finalement, irrésistiblement drôle.

Ne brusquez pas Harold !

Lorsqu’il se fait virer du rayon boucherie du supermarché où il travaille, Harold se retrouve chez lui cumulant une à deux tentatives de suicides journalières, des parties de bridges avec les vieilles de l’immeuble et une vie, à part ça, très rangée. Harold est l’archétype du bouc-émissaire souffre-douleur et exutoire de la terre entière. De toute façon, il laisse faire, les choses lui passent dessus comme si elles n’avaient pas vraiment de prise, il veut juste se lover dans son cocon sans être emmerdé.

C’est compter sans Melvin, le fils de la voisine que plus rien n’étonne, à l’intelligence hors du commun, à l’honnêteté fracassante et à la modestie absente. Il entraîne Harold à la recherche de son père inconnu dans la voiture de la mère de Melvin en voyage pour quelques jours.

Le monde d’Harold en est tout retourné et mis en pièces. Plus rien ne tient debout et tous ses repères deviennent flous. Il ne pense même plus à se suicider, c’est dire.

Qui des deux est vraiment l’enfant ?

Nos deux personnages principaux ne sont pas vraiment attachants, de vrai anti-héros encore. J’ai eu envie de baffer l’un et l’autre, pas vraiment pour les mêmes raisons, mais tout de même, deux vraies têtes à claques qui s’embarquent dans un voyage improbable et fantasque où deux mondes fondamentalement opposés vont se percuter. Je vous rassure, les deux reviendront indemnes et, comme un élastique que l’on aurait étiré, reprendront leurs forme et leurs petites vies…

Le ton so british de l’auteur allemand, qui se cache sous le pseudonyme d’Einzlkind (dont on ne sait pas grand chose sinon qu’il a la quarantaine et qu’il est docteur en philosophie), est très agréable et rend la lecture fluide malgré quelques longueurs parfois et quelques impressions de déjà vu tout au long du livre. On nage en plein clichés alors forcément parfois nous ne sommes même plus surpris. La surprise du début a pu, à certain moment, laisser place à une léger ennui donc, mais rien de grave. Le livre se lit d’une traite toutefois et rappelle parfois le loufoque d’Harold et Maude (tiens, le même prénom, serait-ce un hasard ? :-)) de Colin Higgins.

L’auteur, qui écrit superbement, glisse quelques réflexion impertinentes et délicieuse qu’il faut parfois saisir au vol entre les lignes : « Je suis heureux depuis si longtemps que j’en deviens dépressif« …

 

 ***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Harold », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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