L’homme nu

L'homme nu

Par Dan Simmons

Et si la solitude devenait impossible? Si un jour nous ne pouvions plus nous isoler, fermer notre conscience? Si les pensées, les désirs, les pulsions des autres nous envahissaient à chaque minute, comme des écrans restés allumés?

Bremen, un mathématicien, a ce terrible pouvoir de divination.

Longtemps, son union avec sa femme Gail, comme lui télépathe, lui a servi de bouclier. Mais Gail meurt d’un cancer, et le voilà seul dans le chaos, livré à la neuro-rumeur du monde… De Disneyland aux bas-fonds de Las Vegas, dans le sillage d’un crime dont il est le témoin, Bremen va vivre la plus effrayante odyssée à travers les ténèbres de la société et de l’homme, tout en s’accrochant à ses connaissances de chercheur pour dresser la carte des contrées inconnues de l’esprit.

Le romancier de « Nuit d’été » nous entraîne, au gré de sa puissante imagination, dans un parcours où la science-fiction et le paranormal, mêlant leurs sortilèges, composent une fable philosophique moderne.

Dan Simmons était pour moi inconnu au bataillon. Mais comme le livre semblait s’ennuyer dans la bibliothèque d’un ami et que j’avais beaucoup d’heures à passer dans les transports, je me plongeais dedans.

Petit avertissement préalable : si vous cherchez un moment de détente avec ce livre, partez plutôt sur Marc Lévy ou tout autre lecture plus positive et divertissante. Positif Simmons ne l’est absolument pas.

Jeremy Bremen et Gail sont mariés et forment un couple qui semble parfait. Tous les deux sont télépathes, ils lisent dans les pensées. Leur union leur permet de se protéger de la neuro-rumeur, le brouhaha des pensées de leur entourage, où qu’ils soient. Cependant Gail vient à mourir et commence alors une descente aux enfers pour Jeremy. Il fuit son passé, sa situation enviable, son confort, et cherche à se couper autant que possible du monde pour échapper à ses démons, persuadé qu’il ne peut plus vivre comme avant. Cependant dans sa tête des milliers de voix crient, marmonnent, se plaignent. Jeremy devient le réceptacle apathique de toutes les pensées et envies glauques, recueillant les pires pulsions de ces humains qui ne semblent presque plus en être, aucune compassion. Il se perd dans les rues nauséabondes de Denver et recherche un refuge qu’il ne pourra trouver qu’en lui.

Ce roman de science-fiction m’a parfois dérangé. De par l’horreur de certaines situations qui agressent, de part l’univers glauquissime que décrit Simmons ou les errances sans but de Bremen. Il me laisse un arrière goût amer, Dan Simmons nous entraîne au gré de son imagination fertile dans les recoins de l’esprit humain à la fois agresseur et refuge. La limite entre ce qui est vivant et ce qui ne l’est pas, ou ne l’est plus, est ténue. En lisant ce livre j’ai visualisé le tableau de Edvard Munch, le Cri. Je trouve qu’il représente parfaitement l’état d’esprit…

Jeremy est mathématicien (et Dan Simmons avoue que lui-même ne l’est pas dans les remerciements…), certains passages traitent donc des explications scientifiques complexes et difficiles à suivre pour qui n’a pas de bagage scientifique important. De mon avis, ces inclusions mathématiques n’ont pas apportées beaucoup à l’intrigue, sinon m’embrouiller et me perdre un peu plus. L’écriture est particulièrement énigmatique, l’auteur sème des indices au fur et à mesure des pages, à nous de reconstituer l’histoire que l’auteur imagine, recourant aux flash-back ou à un narrateur omniscient (des yeux) permettant d’assembler le puzzle. Les titres de chapitres sont eux-mêmes très énigmatiques, ils semblent composer un poème, dont certains vers sont dans la Divine Comédie de Dante (quoi de mieux pour une descente aux enfers ?) L’effet puzzle n’est pas sans rappeler certains films d’Inarritu (notamment 21 grammes) ou les histoires se mêlent, se croisent et se répondent pour ne finalement n’en faire plus qu’une seule.

Pour finir, le titre anglais est Hollow Man, l’homme creux. Bien plus évocateur après lecture du livre. Pourtant creux il ne l’est pas, le roman est très dense et très prenant, comme un peu une envie morbide d’en savoir plus sur la déchéance de cet homme seul et sensible.

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « L’homme nu », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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