Le négociateur

Le Négociateur

Par Frédérick Forsyth

Après L’Alternative du diable et Le Quatrième Protocole, un nouveau chef d’œuvre du maître de la « politique-fiction ».

Cependant que s’aggrave la crise pétrolière, les deux superpuissances s’apprêtent à signer un important traité de désarmement. Afin de torpiller ce formidable espoir de paix, un groupe terroriste enlève le fils du président américain.

Chargé de négocier la restitution de l’otage, le héros de ce livre devra compter non seulement avec les soupçons et les revirements des ravisseurs, mais aussi avec les manœuvres de la C.I.A. et des factions qui, à Washington, cherchent à faire tomber le président à la faveur de la crise.

Allez savoir pourquoi, il y a fort fort longtemps, j’ai jeté mon dévolu sur ce roman, au format poche, la tranche jaunie et les pages un peu cornées, dans les caisses d’un bouquiniste de kermesse. Cela n’apporte absolument aucune valeur ajoutée à la chronique qui va suivre, mais je tenais tout de même à le dire. Voilà, c’est fait.

Dans la politique fiction il y a des grands maîtres du genre : Tom Clancy (Octobre Rouge, La somme de toutes les peurs…, et toute la série des Jack Ryan, souvent portés à l’écran) ; Larry Collins (seul avec Demain est à nous ou Fortitude (adapté au cinéma avec Richard Anconina) par exemple, ou associé à Dominique Lapierre (dont nous avons déjà parlé ici) pour Le cinquième cavalier) ; Robert Ludlum (pour les Jason Bourne entre autres, adaptés eux aussi au cinéma avec Matt Damon…) ou Frédérick Forsyth… Nous y voilà. Le Négociateur a été écrit en 1989, il y a plus d’un quart de siècle et je suis toujours (je ne l’ai pas lu qu’une seul fois) épaté par combien il est encore d’actualité. Il y a peut-être quelque chose de visionnaire dans ce livre.

Les gouvernements américains et soviétiques sont sur le point de signer un traité de paix et de désarmement afin d’assurer l’avenir énergétique des deux superpuissances (le prix du baril de pétrole monte dangereusement, et les experts prédisent qu’il pourrait atteindre les $70 (en 1989 il est un peu en dessous de $20), visionnaire, je vous l’avais dit, mais un peu en dessous de la réalité…) Cela ne plait pas vraiment à quelques industriels de l’armement et du pétrole (qui voit d’un bon œil cette flambée des prix) de part et d’autre du rideau de fer (à noter que ce traité de paix romanesque a été publié alors que le rideau de fer s’effritait à peine et que Forsyth ne prévoit pas la fin de la guerre froide…) qui mettent alors sur pied une formidable opération de déstabilisation dans le but de faire capoter l’accord. Celle-ci commence par l’enlèvement du fils du président des Etats-Unis. Quinn est sorti de sa retraite pour négocier avec les ravisseurs. Rapidement il se rend compte que tout ne se passe pas normalement dans cet enlèvement. Entre Amérique du Nord et Europe il va alors poursuivre en (presque) solitaire les preneurs d’otage pour découvrir les ramifications d’un complot impliquant de nombreuses personnes d’influence. Les agences gouvernementales rentrent dans la danse ainsi que quelques groupuscules moscovites… Tous les ingrédients sont là pour un bon thriller qui nous tient vite en haleine.

Comme dans beaucoup de romans de ce genre, les cent premières pages sont parfois fastidieuses. L’auteur met ses pions en place, prend le temps de décrire le contexte et d’assembler les pièces du puzzle avant que ne commence réellement l’action. Le négociateur n’échappe pas à cette règle. Mais quel feu d’artifice une fois pris dans l’intrigue. Les chapitres se succèdent sans répit d’un continent à l’autre, suivant l’un ou l’autre des personnages, éclairant sur une partie du complot, allumant progressivement de petites lumières qui, mises à coté l’une de l’autre, éclaireront complètement l’ensemble de l’intrigue.

Ancien de la Royal Air Force, puis correspondant de l’agence Reuters et ensuite de la BBC, Frédérick Forsyth connait bien les rouages tordus de la politique. Ses romans sont toujours extrêmement documentés. Il s’attarde longuement sur les détails, ce qui peut paraître fastidieux dans un certain sens, mais cela appuie aussi le réalisme de son écriture. Pas trop de manichéisme chez Forsyth, pas de gentils ou de méchants. Même Quinn n’attire pas vraiment ma sympathie dans son manteau de vieux loup solitaire (d’ailleurs il n’est que Quinn, pas de prénom…) Une fois passées les cent nécessaires premières pages donc, que tout est en place, je ne peux quitter le livre passe quelques nuits blanches à dévorer le suspens de Forsyth.

Un livre que j’ai eu grand plaisir à lire et relire ensuite.

 

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le négociateur », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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