Balles perdues

Balles perdues

Par Walter Hill & Matz (scénario), Jef (dessin)

Quand Roy Nash sort de prison, ce n’est pas par la grande porte. Ni pour des raisons banales. Le boss de la mafia de Chicago a un boulot pour lui : mettre la main sur trois indélicats qui ont oublie de partager le magot d’un braquage.
Pourquoi Roy ? Parce que Lena, son ex, a été emmenée par l’un des gangsters, et que tout le monde sait très bien que Roy a cette fille dans la peau.
Si on rajoute le demi-million de dollars du braquage disparu dans la nature et un flic à l’honnêteté plutôt discutable, Walter Hill, dans ce scénario inédit, réunit tous les ingrédients d’un polar envoûtant et haletant.

Tous les ingrédients d’un bon film de gangsters sur fond de prohibition dans l’Amérique des années trente sont là : des coups de feu et des sulfateuses bien nerveuses, des femmes et des valises d’argent, des saloons un peu miteux où un billet vert achète tout, des femmes plantureuses prêtent à tenter leur chance sur la côte ouest, des flics au dessus de la loi, un contrat et une vengeance, quelques morts laissés sur le bord de la route, et un tueur de sang-froid, solitaire qui passe d’une case à l’autre sans état d’âme. Ajoutez à cela la fumée des cigarettes, la poussière des routes et les ruelles sombres de Los Angeles et vous aurez un bon aperçu de cette histoire sombre de mafieux ambiance western.

Lorsque Matz rencontre Walter Hill sur le tournage de Bullet to the head (Du plomb dans la tête, film avec Sylvester Stallone adapté d’une bande dessinée scénarisée par… Matz himself… juste retour d’ascenseur), le premier demande au second s’il a dans ses tiroirs des scénarios pouvant être adaptés en bande dessinée. Hill ressort alors celui-ci, écrit trente ans plus tôt. Walter Hill est d’abord scénariste, réalisateur et producteur de films. J’avoue humblement n’en avoir vu aucun (ma culture cinématographique est certainement proche de zéro) mais le scénario de cet album a belle et bien une patte cinématographique. Les dessins de Jef à l’atmosphère sépia alternant plans larges sur une planche entière (magnifiques vues sur Monument Valley ou les rues sombres de Los Angeles), ou plans plus serrés sur une une simple vignette contribuent complètement au côté hollywoodien de la bande dessinée. Aucun sourire dans ces visages au regard sombre et au chapeau vissé. Les balles fusent. Quelque soit le désaccord il se règle le plus souvent par un échange de tirs, au risque de quelques dommages collatéraux.

L’album multiplie les clichés sur le Los Angeles ou le Chicago des années de la prohibition (fallait-il être maso pour imaginer de telles lois ?), la pègre et son caïd derrière le bureau de son casino, son homme de main un peu volumineux au câblage défectueux, la fille prête à tout quitter, jusqu’au règlement de compte dans les bars. Mais qu’importe, je les veux ces clichés, ils appartiennent à mon imaginaire de cette période.

Matz et Hill tissent une histoire complexe, dans laquelle beaucoup de personnages se croisent, peut-être trop. Leur physionomie trop semblable m’oblige parfois à rebrousser chemin pour être sûr de qui est qui, dommage.

Un album sombre, donc, plein de testostérone (pour reprendre l’analyse de ma libraire que je partage), qui nous propulse à une époque où boire une bière était criminel…

ballesperdues03***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Balles perdues », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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