N’embrassez pas qui vous voulez

nembrassezpas Par Marzena Sowa & Sandrine Revel

Qu’un petit garçon essaie d’embrasser son « amoureuse », cela n’a rien de dramatique. Sauf si la scène a lieu dans un pays subissant la dictature soviétique, bien sûr avant que le Mur n’ait même commencer à se fissurer… L’espoir et la résistance sont pourtant là, dans le cœur des enfants comme dans la poésie et la fiction autour desquels ils se retrouvent.

Marzena Sowa c’est les aventures de Marzi (ici) dessinées par Sylvain Savoia. L’auteure se sépare de son personnage autobiographique pour nous plonger avec Sandrine Revel dans la Pologne communiste, alors que l’URSS était encore et que penser pouvait devenir un crime. Encore une fois c’est par le regard de quatre enfants curieux que Marzena Sowa va nous faire découvrir la suspicion, la peur et la rigueur du régime stalinien. Régime qui se fissure, les plus ardents défenseurs de celui-ci, ce qui « éduquent » la génération qui devra prendre le relais doutent eux-mêmes, bien qu’ils restent intransigeants face aux enfants de leur classe, incitant à la délation alors qu’eux mêmes ne sont peut être pas des camarades exemplaires. Viktor, Agata et leurs amis grandissent et apprennent, auprès du père de Viktor, poète (occupation à risque s’il en est), à construire leurs propres avis,  à développer leur imaginaire, et surtout, surtout, à ne rien dire. Trop de gens disparaissent. Il faut se construire une double vie presque, celle à l’abri des murs de son appartement (pour autant qu’il n’y ait pas d’oreilles), et celle publique qui ne dérive jamais. Qu’est-ce que la Vérité ? Un ami peut-il trahir même par accident ? « Les autorités n’aiment pas ce qui pensent, qui sont curieux. Alors quand quelqu’un veut survivre, il s’en fiche s’il fait froid en hiver, il ne pense pas si le gâteau au fromage est bon. Il ne pense pas aux amis. » Chacun apprend à protéger ses vérités, à ne pas les perdre pour rester libre. Conter cette période à travers le regard des enfants Marzena Sowa s’y était donc déjà employée. Cette fois-ci pourtant le ton est grave, les couleurs sombres, moins d’insouciance. Les dessins de Sandrine Revel font mouche, un trait simple et enfantin, des bouilles d’enfants adorables, mais tout est teinté de nuit, il fait sombre, la période n’est pas à la joie. La poésie de la scénariste et la sensibilité de Marzena Sowa sont toujours présentes, magistrales.

Un album qui ne laisse pas vraiment indifférent comme une lueur d’espoir dans cette génération à venir. Cette génération qui verra tomber les murs…N'embrassez pas qui vous voulez Pge***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « N’embrassez pas qui vous voulez », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs… Si cette chronique vous a plu, n’hésitez pas à « suivre » ce blog en indiquant simplement votre adresse e-mail ci-dessous (aucune création de compte nécessaire).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s