Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Histoire d'une mouette

Par Luis Sepulveda & Miles Hyman

Zorbas, le grand chat noir et gros, a promis à la mouette, qui est venue mourir sur son balcon, de couver son dernier oeuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l’aider à tenir ses promesses insolites. À travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, et la liberté.

Il y a Kengah la mouette aux plumes argentées qui vient du nord et voyage avec la bande du Sable Rouge. La mère. Elle se rend à la grande convention des mouettes des mers Baltique, du Nord et de l’Atlantique. Une belle réunion. Mais voilà, l’humain, avec fort peu de considération pour la pureté de la mer, l’a souillée d’un liquide visqueux, malodorant et noir. Kengah ne peut plus voler. Elle va s’échouer à Hambourg.

Il y a Zorbas, le gros chat noir bien nourri, sauvé de la gueule du pélican par un jeune humain qui consacre ses économies à lui acheter de très bonnes croquettes, Kengah s’affalera dans ses pattes. Il y a Colonello, qui vit dans un restaurant, toujours bien nourri et qui parle italien, parce que ça fait bien. Il est une autorité pour tous les chats du port. Il ne résout jamais aucun problème mais tous le respectent. Il y a Secretario qui enlève sans cesse les miaulements de la bouche de Colonello, à son grand désarroi. Il y a Jesaitou qui vit dans le bazar du port, chez Harry, il ne jure que par son encyclopédie qui détient tout le savoir du monde, de A à Z. Matias le chimpanzé alcoolique et roublard tient la porte, 2 marks l’entrée. Le bazar donne lieu à un inventaire surréaliste à la Pérec. Il y a des rats. Il y a Vent-Debout, un vrai chat de mer qui a écumé tous les ports alentours et jure comme un certain Capitaine Haddock. Il y a un poète, l’humain de Bouboulina, une belle chatte blanche, qui n’en croit pas ses yeux mais se dit : « Et si tout ça est un rêve, quelle importance ? Ça me plaît et je veux continuer à rêver. »

Et enfin il y a ce petit poussin frêle qui appelle Zorbas « maman » depuis que Kengah, exténuée, est morte sur le parquet. Un petit poussin qui se prend un peu pour un chat. Un poussin qu’on appellera Afortunada parce qu’après tout, elle a tout de même eu beaucoup de chance.

L’écrivain chilien tisse avec son animalerie une très belle histoire sur la différence, le respect de la Nature, la solidarité et l’apprentissage. Dans cette édition de 2012 l’artiste né américain Miles Hyman (illustrateur attitré de la série Le Poulpe aux éditions La Baleine, une série qui a bercé mon adolescence) agrémente de ses planches les lignes du conte, très joliment. Dans cette histoire les chats, extrêmement intelligents, miment de ne rien comprendre aux humains et de ne pas parler leur langue pour éviter le terrible, terrible !, sort des dauphins, contraints à faire les clowns dans des parcs aquatiques, des lions soumis à prendre dans leur gueule la tête d’un humain pour déchaîner les applaudissements d’autres Hommes retenant leur souffle ou du perroquet obligé de répéter sans cesse les mêmes idioties. Non non, les chats ne seront pas réduits à cela, il y a donc le tabou : ne jamais miauler avec un humain.

Pourtant Zorbas demande à briser ce tabou pour tenir sa promesse et apprendre à voler à Afortunada. Les chats du port unis pour sauver cette pauvre mouette, à contrecœur, l’y autorisent, mais juste une fois. Il faudra bien du courage à Afortunada pour décoller dans la tempête, avec les conseils de Jesaitou qui a étudié avec minutie les techniques de Léonard de Vinci (à la lettre L dans l’encyclopédie), et du haut de la tour Saint-Michel.

Avec tendresse Sepulveda écrit un conte tendre et joyeux sur une communauté qui se soude pour sauver un membre complètement différent d’eux. Il nous parle de pollution, de tolérance et d’entraide. Une véritable leçon de vie qui donne à réfléchir…

Laissons le dernier mot à Zorbas et au poète (allez savoir qui est le plus poète des deux…) :

L’humain caressa le dos du chat.

– Eh bien, chat, on a réussi, dit-il en soupirant.

– Oui. Au bord du vide, elle a compris le plus important, miaula Zorbas.

– Ah oui ? Et qu’est-ce qu’elle a compris ? demanda l’humain.

– Que seul vole celui qui ose le faire, miaula Zorbas.

Tiré à part Miles Hyman

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Histoire d »une mouette et du chat qui lui apprit à voler », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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