Merci

Merci

Par Daniel Pennac

Nous sommes au théâtre, lui sur la scène, nous dans la salle. On vient de le primer pour  » l’ensemble de son œuvre « . Il remercie son monde. Enfin, il essaye…

Daniel Pennac me surprend souvent pas ses idées lumineuses et originales. Que ce soit dans le style d’écriture (les Malaussène sont exceptionnels en ce sens selon moi) ou dans le thème et les idées traitées : regardez la quatrième du Dictateur et du hamac, de Messieurs les enfants, de Comme un roman, du Journal d’un corps ou de celui-ci, Merci…)

Malheureusement il peine parfois à transformer l’essai…

Dans ce monologue, vu et retranscrit par un spectateur, Pennac s’attaque à un genre à part entière que l’on ne pourrait pas qualifier de littéraire. N’est pas humoriste qui veut, je m’esclaffe peu. L’auteur se veut plus piquant, cynique, dénonçant (et regrettant) l’hypocrisie du mot que l’on utilise trop souvent sans y penser, lorsqu’un inconnu nous tient une porte et que nous sommes forcés d’y arriver tout courant et essoufflé et de le remercier. Parce qu’on aime bien être remercié finalement, c’est valorisant, grisant. Alors remercions à tour de bras. Mais ceux que nous devrions réellement remercier, finalement, point de ces 5 lettres sur nos lèvres, cela nous semble peut-être normal. Un dû. Dommage.

Pennac joue donc avec l’exercice, critiquant, tournant en dérision, usant des points de suspension alors qu’il s’arrête sans cesse dans son discours qu’il semble improviser, dénonçant la le style tautologique des remerciements de ceux qui reçoivent un prix et se sentent obligés de remercier. Pire. Puisqu’ils y sont contraints par contrat. Sinon, pas de chèque… Et nous sommes donc là, pauvres spectateurs pris à témoin d’un renouvellement de genre qui semble tout de même tourner en rond.

Chez Folio, l’auteur propose ensuite Mes Italiennes et l’adaptation théâtrale du texte. Le texte n’avait peut-être pas vocation à vivre sur les planches, bien que le monologue soit truffé ce qui pourrait être des didascalies. Deux ans après la publication, Jean-Michel Ribes (directeur du théâtre du Rond-Point, à Paris), lui propose de l’adapter sur scène. Les deux parties suivant le texte sont un peu redondantes avec le texte en lui-mêmes. Mes Italiennes raconte la métamorphose du texte sur les planches, dit par Pennac lui-même. L’aventure est intéressante à découvrir.

Le texte se lit d’une traite, il est intéressant sans être toutefois passionnant, avec quelques très bonnes phrases à la Pennac qui parsème les pages. Mais nous sommes loin du meilleur Pennac.

 

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Merci », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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