Chute de vélo

Chute de vélo

Par Etienne Davodeau

– Et ici, tu reconnais ?
– C’est une belle maison.
– C’est chez toi maman.
– Ah oui. On va regarder la télé ?
– Dis donc, Simon, elle est de plus en plus bizarre, grand-mère.
– Ca. On ne s’ennuie pas une seconde.
– Et pourquoi elle est bizarre ?
– Mmh ? Elle a comme des trous dans le cerveau.
– Des trous ? Dans la tête ?! T’en as, toi, des trous ?
– Ha, ha ! Non, pas encore, t’inquiète pas. Toton Simon se souvient de tout ! Par exemple il se souvient que tu es censé savoir enfin faire du vélo.

En s’attachant au quotidien d’une famille apparemment ordinaire, Étienne Davodeau signe avec Chute de vélo un comédie grave, amère et légère, comme notre vie quotidienne, qui est finalement le sujet de tous ses livres.

Avec son mari, Clément, Jeanne revient dans la maison de son enfance. Sa mère est hospitalisée depuis quelques temps, elle perd la mémoire. Elle aura le droit de passer quelques jours avec sa famille. Les médecins l’y ont autorisé. Simon, le frère de Jeanne, commercial dans une concession automobile, est allé la chercher à l’hôpital. Jeanne et Clément sont venus avec Jean et Sarah, leurs enfants, et Jimmy, leur neveu, son père Arnaud a coupé les ponts avec la famille. C’est une des premières fois que Jimmy passe du temps avec la famille. Ils vont passer quelques jours en famille pour nettoyer et vider la maison maternelle avant de la mettre en vente.

En face, un maçon et son arpette remettent en état une maison du voisinage. Le maçon bouscule sans cesse l’apprenti, parfois violemment. Les enfants, épiant au travers d’un volet qui ne cachait pas tout, mettent sans le vouloir de l’eau sur le feu, fascinés qu’ils sont par les relations entre les deux hommes. Ils ne veulent définitivement pas devenir maçon. Tout va basculer quand l’apprenti déclare aux enfants qu’il se barre et que « si vous revoyez ce gros con, vous pourrez lui dire qu’il est pas près de revoir sa bonne femme, vu qu’il l’a enterrée. » Choqués les trois enfants n’en dorment plus. C’est le moment que choisi Irène pour disparaître. Panique…

Heureusement il y a Toussaint « le pauvre de la famille », un malchanceux que la famille de Jeanne a toujours aidé. Il remercie par de petits services. Il va parcourir les rues pour retrouver la vieille et l’arpette.

Chute de vélo - planche 1Jean, 5 ans, apprend à tenir sur son vélo, sans petites roues. Il tient trois mètres et… c’est tout. Chute. Et dans la famille une chute de vélo peut en cacher une autre, bien plus grave.

Avec sensibilité et humour, Étienne Davodeau est dans son domaine de prédilection : la chronique familiale sociale, sans pathos. Il dessine une famille normale, un peu cabossée, avec ses secrets, ses tristesses et ses joies. La famille de tout le monde en quelque sorte. Une petite vie bien calme et paisible, à la campagne, jardinage, insouciance des enfants, apéro le soir sur la terrasse… Davodeau décrit avec talent les relations complexes entre les personnages .En peu de pages il écrit une histoire profonde et tendre, un peu grinçante parfois où certains vont grandir, apprendre à faire du vélo, déballer leur secret, se réconcilier ou prendre conscience de leur vacuité.

Quelques jours dans l’histoire d’une famille, sans voyeurisme de notre part (enfin, si peu), sous les traits que l’on reconnaîtrait entre mille d’Étienne Davodeau, petit visages ronds et couleurs un peu pastel. Mais ce n’est pas pour le dessin que l’on se rue sur Davodeau.

Finalement, Jeanne, Clément, Jean, Sarah… c’est un peu nous. Nous sommes cette famille puisque ce week-end tout simple pourrait être le nôtre, et Irène pourrait être notre grand-mère.

Chute de vélo - Planche 2

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Chute de vélo », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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Une réflexion sur “Chute de vélo

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