On a tué Wild Bill

On a tué wild bill Cover

Par Hermann

– Ho, garçon !? Où vas-tu comme ça ? Y’a de la bagarre de ce côté-là !
– Je dois voir le shérif !
– Le shérif ? Ca m’étonnerait qu’il prenne le temps de t’écouter, fiston.
– On vient d’assassiner Wild Bill Hickok !… Le tueur est encore caché par là !… Tu ferais bien de rentrer chez toi.
– On dit qu’il a été assassiné dans le dos…
– Il y a trop de voyous dans Deadwood ! Il faudrait…
– Il venait à peine de se marier…

Fin d’une époque.
Le XXème siècle est à quelques coups de colt. Un monde est en train de disparaître. L’Ouest sauvage embaume déjà ses mythes. La jeune Amérique a pris ses mesures.
Hermann ses crayons et ses pinceaux pour dépeindre à sa manière, de cette façon magistrale et parfaitement maîtrisée qui n’appartient qu’à lui, les mouvements du cœur humain, ses bassesses, sa grandeur, et surtout sa réalité.

Vous me permettrez un petit aparté quand à cette quatrième de couverture ? Je crois bien qu’il manque un verbe dans la dernière phrase. C’est bien dommage, mais cela n’enlève absolument rien à la qualité de l’ensemble de cet album.

Hermann est un belge à la bibliographie impressionnante ! Jeremiah, Comanche pour les séries (et je ne cite que ces deux là) et un nombre qui ne tient pas sur les doigt d’une main de one shots. dont « On a tué Wild Bill ». Oui, effectivement, on a tué Wild Bill à la fin du XIXème siècle (le 2 août 1876) dans un saloon de Deadwood, Dakota. Wild Bill Hickok était un tueur en série aux nombreuses histoires et légendes, comme pour beaucoup de monde au far west… Mais voilà, Hermann, il s’en fout qu’on est tué Wild Bill. Parce que l’histoire ne parle absolument pas de ce tueur, ce n’est qu’une anecdote qui plantera le décor.

Melvin Hubbard vit avec ses deux oncles chercheurs d’or alcooliques (pléonasme ?). Il est amoureux de Celinda, il rêve de gagner sa vie dans l’élevage de poules et de coqs. Le 2 août 1976, toute la famille de Celinda est tuée presque sous ses yeux. Melvin se précipite vers ses oncles qui, ivres morts, ne lui sont d’aucune utilité. Éconduit par le shérif, il videra une bouteille de whisky, retournera au saloon… et devra fuir Deadwood.

On a tué wild bill dessin

L’adolescent va grandir entre le Dakota et le Wyoming, recueilli par quelques spécimens du grand ouest américain souvent fort peu recommandables. On ne peut pas dire qu’il porte la poisse, mais où qu’il aille, il devra fuir, sera trahi ou abandonné. Il va apprendre à la dure. Je m’accroche à ce jeune homme malchanceux. J’espère qu’il parvienne à se sortir de tous les mauvais pas dans lesquels il se fourre.

Je m’attends à entendre l’harmonica d’Ennio Morricone résonner entre les vignettes. L’album d’Hermann fleure bon l’alcool, la poussière et le sang. Le scénario est somme toute assez classique, une histoire de vengeance dans une ambiance de western, on a déjà vu cela. Même si nous suivons plus les tribulations de Melvin qui n’est pas vraiment un méchant ni un tueur et qui restera très humain, et que cela donne un angle original à l’histoire que celui de ce blondinet embringuer dans une histoire dont il voudrait être absent. Le scénario me fait d’ailleurs penser à un album de Pero, d’Air pur et d’eau fraîche.

Cet album est réellement exceptionnel par ses dessins en couleur directe (le dessin au trait et les couleurs ont été faits en même temps, ce qui fait que chaque vignette est un tableau à part entière). Le coup de crayon d’Hermann est épatant dans les détails, pour sa luminosité, et tant pour les grands espaces que pour les visages (bien que les visages féminins soient moins bons que les visages masculins, un peu vulgaires je trouve).

Une très belle lecture où les pages se tournent lentement pour apprécier toute la grandeur des tableaux.

On a tué wild bill dessin2

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « On a tué Wild Bill », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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