Un amour exemplaire

amour-exemplairePar Florence Cestac & Daniel Pennac

Quand j’étais enfant, mes voisins s’aimaient d’amour drôle. – Germaine, pourquoi Jean et toi vous n’avez pas d’enfants ? – Mon petit, en amour, pas d’intermédiaire ! – Jean, c’est vrai que Germaine et toi vous ne travaillez pas ? – Mon garçon, en amour, le travail est une séparation. Ca choquait les bourgeois alentours. Moi, je les regardais s’aimer.

DP

Avertissement préliminaire : Ne lisez pas cette chronique, lisez la bédé…

Quand deux monstres se retrouvent autour d’un bordeaux pas trop bordelais, dans une brasserie bondée, nait une histoire explosive et réjouissante !

Daniel Pennac, monstre de la littérature et Florence Cestac, monstre de la bande dessinée se retrouvent avec joie pour parler d’amour. Pourtant elle n’aime pas l’eau de rose et la guimauve. C’est compter sans la faconde de Pennac qui nous emporte dans l’histoire de Jean (il est moche, son nez est en quart de brie (perturbant pour la Cestac qui dessine depuis 40 ans des nez tout ronds !), ancien marquis producteur de vin, monocle anachronique à l’œil, et il aime Germaine) et Germaine (elle coud, rate tout ce qu’elle cuisine, est fille de buveur de vin, et elle aime Jean) Bozignac qui choisissent de s’aimer sans travailler, sans avoir d’enfants, sans se préoccuper de ce que peut penser la populace environnante, faisant catleya à longueur de journée (vous lirez Proust (du coté de chez Swann) si vous voulez savoir de quoi il s’agit, je ne voudrais pas choquer les plus jeunes lecteurs…)

Petit à petit l’histoire se construit sous nos yeux. Sur un coin de table. Sous les mots de Pennac. Sous les pinceaux de Cestac.

Le talent de raconteur d’histoires de Pennac nous embarque sans prévenir comme il emporte les voisins de table de la brasserie qui en redemandent et délaissent le bordeaux pour boire ses paroles. Réalité et fiction s’entremêlent allègrement, l’un devenant l’autre, sous la plume et l’imagination de Pennac sans que nous y prenions garde. L’émotion prend le dessus et, nous aussi, nous les aimons ces deux petits vieux si mal assortis mais si beaux.

Enthousiasmée par l’amour que raconte son ami Pennac, Florence Cestac fera quelques entorses à ses habitudes en croquant des choses qu’elle n’aime pas vraiment : une voiture, un chauve et un nez… pas banal. Elle s’offre une explosion qui n’est pas vraiment dans l’histoire, mais qu’importe, j’aime aussi. C’est drôle, coloré, souriant et le dessin sert parfaitement l’histoire !

Une complicité entre Pennac et Cestac qui fonctionne à merveille pour nous livrer une histoire émouvante et drôle d’un amour que l’on jalouse et que l’on rêve… La dernière planche est tout simplement touchante !

Merci… (ah non, monsieur Pennac, aucun lien avec une précédente chronique… :-))

Un amour exemplaire - Planche AUn amour exemplaire - Planche B***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Un amour exemplaire », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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8 réflexions sur “Un amour exemplaire

    • Quoi ???????????????? Tu n’as jamais lu de Pennac ? Commence par la série Malaussène à mon avis si tu veux découvrir… (au bonheur des ogres, la fée carabine, la petite marchande de proses… délicieusement joyeux, j’ai du les lire au collège grâce à une prof de français particulièrement inspirée qui avait des lunettes avec des verres bleu et orange (on a de ces souvenirs parfois)) ou alors « Messieurs les enfants » ou l’essai « comme un roman », que j’ai bien aimé. Mais je crois que Malaussène est parfait pour entrer dans son univers (quoiqu’aussi son univers ait un peu évolué depuis ma jeunesse)

      • j’aime bien le « depuis ma jeunesse ». Je vois qu’y’a un connaisseur, là. Très bien, je note ! « la petite marchande de proses » me parle bien. Bref, merci!

        Aha très bien. Ça me fera des économies, tiens 😉 Ce n’est pas le mien non plus d’ailleurs – et fort heureusement !

      • Alors, en fait, les trois Malaussène sont à suivre plus ou moins, disons qu’ils peuvent se lire plus ou moins indifféremment (j’ai dû commencer par la fée carabine), mais il est peut-être préférable de les lire dans l’ordre (bonheur des ogres, fée carabine et petite marchande de proses) puisque c’est l’histoire d’une famille et que donc ils grandissent…
        Ah, au fait, désolé, j’ai un peu changé mon commentaire précédent, je ne sais pas faire bien du premier coup 🙂

      • Ce n’est franchement pas facile à te suivre, je te le dis !! 😉
        Bon, tu fais bien de me le préciser, je le ferai dans l’ordre alors, merci beaucoup! L’essai me tente peut-être davantage, m’enfin, va vraiment falloir que je le lise (dans un sens ou dans l’autre), je culpabilise trop;..
        Oui,les souvenirs peuvent être franchement drôles, si par hasard tu la croises, tu lui demanderas où elle a trouvé ses lunettes, ça pourrait m’intéresser 😉

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