On nous a coupé les ailes

On nous a coupé les ailes

Par Fred Bernard & Emile Bravo

« Je hais la boue des tranchées, elles remplacent les champs de mon enfance. Mais il y a les avions, maman. Je m’enivre de leurs vrombissements. C’est à la fois terrible et merveilleux, ce boucan et leurs dessins dans le ciel. Je suis promu au grade de brigadier, maman. Pour mon « sang-froid et mon courage ». On parle d’un million de mort. Je ne peux pas le croire… Comment faire pire ? »

Entre août 1899 et juin 1918, des lettres et des souvenirs d’enfance racontent les espoirs brisés d’un tout jeune homme, un parmi tant d’autres, happé dans l’enfer de la guerre.

Été 1899. Avec le cousin Firmin, ses frères Eugène et Paul, sa cousine Marguerite, René joue dans l’insouciance de son enfance. Heureux. Les insectes volent avec les premiers avions qui tentent, eux aussi, de s’élever. Le dessin est coloré, frais, joyeux.

Automne 1914. Avec le cousin Firmin, ses frères Eugène et Paul, on a mis dans les. Mains de René une carabine et il s’est retrouvé dans une tranchée, face aux allemands. Sombre. Dans le ciel les avions se pourchassent, toujours plus puissants. Toujours plus meurtriers. Ils tentent tous de survivre parce qu’il n’est plus question de vivre. Dieu est loin, seule la chance compte. Dieu a-t-il seulement déjà été la ? Le dessin est terne et gris, violent parfois.

Frédéric Bernard relate les souvenirs de René Nicolas. L’histoire n’a rien d’original : un jeune homme envoyé à la guerre, écrasé sous les bombes, regardant ses compagnons et frères tomber sous les balles, mangeant une soupe infâme et dormant dans la boue alors que les chapardeurs sont fusillés. Frédéric Bernard entrecoupe les souvenirs de guerre, relatés dans la correspondance unilatérale qu’il entretient avec sa mère, de ses souvenirs d’enfant, alors que toute la famille s’égayait dans les champs. Le contraste est saisissant et bouleversant entre ces deux périodes finalement très proches. Tant de rêves brisés par tant de haine. Tout ça pour quoi ?

L’arme, jouet de l’enfance, celle qui ne laissait qu’une cocarde douloureuse, devient instrument de mort. L’avion rêvé devient une arme. L’arme devient un avion sous les mains de René.

Emile Bravo illustre merveilleusement cette histoire sensible et intimiste. Ses dessins racontent autant que le texte et le servent parfaitement. je le retrouve encore dans un registre de lui qui me plait énormément.

Cet album pour petits et grands est réellement magnifique. Accompagnez votre enfant pour le lire, il est parfois dur, quelques questions pourraient venir.

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 ***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « On nous a coupé les ailes », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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2 réflexions sur “On nous a coupé les ailes

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