Pinocchio

PinocchioPar David Chauvel (adaptation) & Tim McBurnie (dessins), d’après l’œuvre de Carlo Collodi

Pinocchio, pantin de bois né des mains du menuisier Geppetto, est un bien mauvais fils, qui a envoyé son père en prison et doit maintenant se faire pardonner. Ainsi débute l’histoire du pantin qui voulait devenir un vrai petit garçon. Un récit hors du temps, jouant des contrastes et mêlant habilement cruauté, humour et poésie pour évoquer des thèmes universels comme la paternité ou le rapport à la différence.

« Il était une fois… un morceau de bois. »

Je ne me souviens pas d’avoir lu Pinocchio. Je n’ai pas non plus souvenir d’avoir vu l’adaptation de Walt Disney. Peut-être est-ce bien, peut-être pas. Je ne risque donc pas de risquer une quelconque comparaison avec l’œuvre originale puisque seul le nom de Gepetto qui construit un pantin et le nez de celui-ci qui s’allonge à chaque mensonge font écho dans ma mémoire. Ce sont les dessins qui m’ont attiré en premier lieu vers cette adaptation en bande dessinée de Chauvel et McBurnie.

En le lisant, je me vois au coin du feu lisant un conte à des enfants. C’est plutôt rare pour une bande dessinée. Parce qu’on lit rarement une bande dessinée à des enfants. L’esprit « conte » est très bien conservé je trouve. A chaque page une morale parfois agaçante, mais souvenons-nous que le conte original était fait pour eux. A chaque page un pantin qui n’en fait qu’à sa tête et ne comprend jamais la leçon qui lui est donnée. Pourtant, il a de quoi s’en mordre les doigts puisqu’à chaque fois qu’il désobéit c’est ce qui lui arrive. Il y a du sombre et du fantastique dans ce récit rythmé où chaque péripétie se succède sans temps mort. Peut-être cela manque-t-il de repères temporels, tout va trop vite et s’enchaîne sans répit. Par exemple, alors que le pantin rentre seul chez lui le premier soir, je n’avais pas compris (mais on ne peut pas toujours être à son maximum) que Gepetto avait été envoyé en prison.

Le dessin est vraiment beau et plein de vie, d’énergie. L’australien McBurnie illustre chaque scène superbement et nous entraîne dans une ambiance surréaliste où les animaux comme les objets parlent.

Je m’interroge tout de même : à qui cet album est-il destiné ? Le conte, clairement, est pour les enfants plutôt jeunes (arrivés à 6 ou 8 ans, je doute que le coté moralisateur à outrance soit pertinent… mais cela n’engage que moi). Le format bande dessinée et les dessins s’adresserait plutôt à des adultes, ou adolescents. Auquel cas le ton du récit ne conviendrait plus car pour un adulte être tancé sans cesse par une fée bleue ou une limace vous expliquant qu’il faut obéir à ses parents, excusez-moi, mais cela tombe à plat 🙂 Peut-être le public visé est-il celui qui a lu le conte original du Pinocchio, qui a été bercé dans l’enfance par les aventures du pantin têtu et exaspérant, et qui voudrait retrouver cela. Un peu comme de grands enfants retourneraient voir Chantal Goya en concert pour se rappeler la musique de Bécassine. Qui sait ?

Un dessin donc très fouillé, une histoire dans le ton du conte, peut-être vais-je lire l’original pour me faire une idée, mais ayant, clairement, préféré le dessin au ton du récit, je doute…

pinocchio_chauvel_image1

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Pinocchio », si vous l’avez acheté après avoir lu un avis quelque part, n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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