Les vieux fourneaux – #2 – Bonny and Pierrot

Les vieux fourneaux T2 - Couv

Par Wilfrid Lupano & Paul Cauuet

Bien sûr que si, vous en avez des baguettes ! Bien sûr que si ! Allez vous faire voir, avec vos transcendantales à la farine de meule et vos prolégomènes à l’ancienne et tous vos noms à la mort moi le fion !!!

J’irai chercher mon pain ailleurs !

prolégomènes – nom masculin pluriel – (grec prolegomena, de prolegein, annoncer) – Longue introduction présentant les notions nécessaires à la compréhension de l’ouvrage.

Oui, parfois pour comprendre les quatrièmes de couverture il est nécessaire de se plonger dans le Larousse des définitions de mots inusités qui côtoient dans la même phrase l’expression « mort moi le fion »… Merci Wilfrid Lupano de participer ainsi à l’élévation culturelle de la société francophone qui connait à présent un nouveau mot qu’il risque toutefois de galérer à replacer dans les conversations de machines à café…

Les trois compères du troisième âge avancé, Mimille, Pierrot et Antoine sont de retour, toujours aussi fringants, cyniques et drôles. Après la lecture du premier tome, j’avais commencé le second mais son propriétaire me l’avait traîtreusement ôté des mains pour le rendre à la bibliothèque et j’étais passé à autre chose. En tout cas la chronique du premier, c’est par ici.

Les vieux fourneaux T2 - extrait

Si le premier tome suivait les pas d’Antoine, celui-ci s’attache plus à la vie de Pierrot et de son groupe anarco-gériatrique « ni yeux ni maîtres », qui se plait à bousculer les meetings mondains de la capitale de toute la force de leurs cannes. Ils se regroupent autour de l’Île de la Tordue, propriété de Fanfan la Chaudière, aristocrate de naissance et anarchiste de cœur, qui héberge « de jeunes activistes fauchés pour leur donner les moyens de faire chier le système dans de bonnes conditions » au grand désarroi de ses héritiers et s’adonne au hacking, avec les conseils d’Arno Nymous, pour pirater le blog de Nadine Morano.

Les vieux fourneaux T2 - extrait2

La cause, par Pierrot, reçoit un don inopiné d’une certaine Ann Bonny. Pas de bol, cette Ann Bonny, muse de l’ami Pierrot, est censée avoir passé l’arme à gauche depuis pas mal d’années. Les coupures bien rangées dans le colis réveillent de douloureux souvenirs et font fondre le cœur tout mou du petit vieux qui s’était interdit d’aimer, parce que cette fille était la seule à vraiment le mériter (y’a pas idée moi j’vous dis…) Bref, tout retourné il tente de se fiche en l’air. Tout s’accélère. Sophie fait ses marionnettes et apprend à construire des canons à moutons ; Mimille lui dicte une histoire de fin du monde à raconter aux enfants ; Antoine tente de sauver le Pierrot qui fouille l’internet pour retrouver trace de son Ann Bonny. Leur âge en bandoulière comme une fierté plus qu’un handicap les vieillards envahissent jouissivement (tiens, ce mot n’existe pas) les cases et bousculent nos aprioris.

Les vieux fourneaux T2 - extrait4

Comme un élément récurrent, reviennent la boulangère et ses baguettes toutes plus spéciales les unes que les autres, tellement bien vu, tellement énervant quand vous êtes dans la queue et que le client trois places devant vous ne parvient pas à se décider entre une Sarmentine, une Câlinette ou une Fleurimeuline…

– Bonjour, une baguette, s’il vous plaît.
– Oui, vous voulez quoi ? La Sarmentine © ? La Fleurimeuline du Papé © ?
– Non, juste une baguette.
– Ah, bah oui, mais il faut me dire laquelle, monsieur.
– Une comme ça, là.
– La Grand Siècle © à la farine de meule ?
– Non, l’autre…
– La Câlinette © ?
– Pfff… la Câlinette… Filez-moi deux pains aux raisins, finalement.

A l’image du premier, les dialogues sont tout simplement savoureux, rayonnants et d’une drôlerie intelligente. Contrairement au premier, comme nous connaissons déjà les personnages, le traitement est plus grave, nous entrons plus dans l’intimité de nos trois vieux, sans lourdeur, ils nous font toujours rire !

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Les vieux fourneaux – Tome 2 – Bonny and Pierrot », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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6 réflexions sur “Les vieux fourneaux – #2 – Bonny and Pierrot

  1. La première image m’a fait rire !
    Puis, j’aime bien la tête du pépé avec les cheveux tout foufou !
    Je ne suis pas vraiment Bd, mais tu m’as presque convaincue.

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