Moi, Simon 16 ans homo sapiens

Moi Simon

Par Becky Albertalli

Moi, c’est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d’Atlanta (traduisez : un trou paumé). J’ai deux sœurs, un chien, Bieber (oui, oui, comme Justin), et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oréos, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue.

Blue, c’est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. On se dit tout, sauf noter nom. Je le croise peut-être tous les jours dans le couloir, mais je ne sais pas qui c’est. En fait ça me plaît bien : je ne suis pas du tout pressé d’annoncer à tout le monde que je suis gay.

Personne n’est au courant, à part Blue… et maintenant cette fouine de Martin Addison, qui a lu mes e-mails et menace de tout révéler…

Adolescent c’est vraiment un métier à temps plein ! On n’y pense plus une fois que c’est fini mais que de questions à démêler, de doutes à éclaircir, et tout cela avec des connaissances au lycée qui se font un plaisir de te juger dès que tu sors du chemin de ce qu’on se plait à considérer comme étant la normalité. Simon, lui, il ne se considère pas vraiment dans la normalité. Il aime les garçon. C’est un peu venu comme ça, sans réfléchir, malgré quelques petites amies sans lendemain, comme une tuile qui tombe. Il s’accepte bien lui-même, mais pas question de le dire autour de lui pour le moment. Qui sait si les amis qu’ils croyaient ne le jugeraient pas ?

Au lycée, il y a un Tumblr qui ressemble un peu aux groupes Spotted qui ont fleuri dans nos lycées grâce au grand frère Facebook. On y met des potins, des poèmes, des coups de gueule… Simon, dans un des posts de ce Tumblr se retrouve, il ressent la même chose que celui qui l’a posté. C’était si bien dit. Alors il laisse un commentaire, une adresse e-mail qu’il a créé pour l’occasion, et il attend que le mystérieux Blue lui réponde. Les échanges s’enchaînent, sans jamais en dévoiler trop qui pourrait trahir leur véritable identité. Une amitié naît, à coup de mails et de confidences qui resteront entre eux. S’ensuit les premiers émois maladroits de l’adolescence, Blue est partout. Simon voit Blue dans ceux qu’il croise et trouve attirants au lycée. Simon imagine Blue lorsqu’avant la nuit il est étendu. Il est charmant, attentif, beau. Il n’y a plus que lui.

Le petit monde de Simon s’écroule et se précipite lorsqu’il oublie de se déconnecter un jour qu’il ne pouvait pas attendre la réponse de son amoureux platonique dont il ne sait rien. Martin Addison s’est installé derrière lui, et Martin Addison compte bien utiliser les échanges qu’il a découvert pour faire chanter Simon.

Becky Albertalli fait parler le jeune homme avec sa maladresse, ses erreurs qu’il fait sans s’en rendre vraiment compte et qu’il tente aussitôt de rattraper, son charme et sa passion naissante. Comme dans un journal intime entrecoupé des mails avec Blue qui nous révèlent sa relation secrète, il nous dévoile sa vie pas si simple d’adolescent somme toute plutôt banal, avec une tendresse toute enfantine. Première bière. Secrets bien enfouis. Et peur que tout soit révélé aux yeux de tous sans qu’il ne l’ait lui-même choisi. Sa relation avec Blue va le pousser à Faire Son Coming Out comme ils le disent entre eux avec des majuscules pleines de sous-entendus. ils en parlent entre eux, un peu effrayés de ce que cela signifie réellement, inquiets des réactions de ceux qui comptent, et finalement trouvant bien injuste que les hétéros, eux, ne doivent pas faire leur coming out. Rien ne les y oblige. Pour eux, c’est normal.

L’amour venant, l’envie de se découvrir grandit. Pourtant ni l’un ni l’autre n’ose non plus sortir de cette relation internet qui leur évite toute déception tant que ce n’est que des mots. Ils ont l’impression de si bien se connaître et pourtant d’en savoir si peu l’un de l’autre… La vie est sur la toile, le reste n’est que fantasme.

Dans un style léger et plein d’humour l’auteur parle de sujets lourds et graves. L’homosexualité, le paraître et le regard des autres, l’emprise des réseaux sociaux, les changements… Peut-être est-ce parfois un peu trop série B américaine, qu’importe, je me prend au jeu de ces échanges, j’observe impuissant Simon faire tout tourner autour de lui, jusqu’à en oublier que ses amis aussi ont des sentiments et peuvent se sentir blessés, que la vie n’est pas aussi simple que celle qu’on a rêvé, celle dans laquelle on a pris l’autre dans nos bras et on lui a dit tout notre amour.

Ce roman pour ado, qui se lit extrêmement vite malgré ses plus de 300 pages, est empreint d’humanité, mon petit cœur un peu fleur bleue (et alors, est-ce mal de verser une petit larme devant un film ? Grrrr !) se laisse prendre et se serre avec celui de Simon. Peut-être tout est-il un peu trop Bisounours (ah oui, alors pour les jeunes depuis un peu moins longtemps que moi, les Bisounours sont de petits animaux colorés qui s’amusent à courir sur des arc-en-ciels…) pour être vrai, et pourtant, j’ai bien envie d’y croire, parce que l’auteur ne simplifie pas à outrance, ne laisse pas que des portes ouvertes et l’ami Simon se prend, aussi, les pieds dans le tapis, entre espoirs et déceptions…

Choisir de sortir du placard c’est aussi accepter de ne pas y retourner, et quand un autre ouvre la porte en grand sans qu’on l’y ait invité, rien ne se passe comme prévu.

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Moi, simon 16 ans homo sapiens », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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14 réflexions sur “Moi, Simon 16 ans homo sapiens

  1. Ce n’est pas mal de verser une petite larme ! Au contraire !
    Mince, l’expression des bisounours je l’utilise…. tu me rappelles mon âge avancé ! (humour, ça va)
    Le livre en lui même j’en ai lu que des bonnes critiques, je pense néanmoins ne pas le lire, surtout que le sujet de l’adolescence et l’homosexualité, « Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers » a été une sublime découverte.. j’ai peur de faire une comparaison qui n’aurait pas lieu d’être.. bref! Commentaire qui ne sert pas à grand chose 😀

  2. Pingback: Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers | Le Quatrième de Couverture

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