Le papyrus de César

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Par Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Le papyrus de César 4Couv

Le menhir de Obélix ne sera bientôt plus assez grand pour recueillir toutes les aventures de nos amis gaulois, irréductibles, qui reviennent encore en cette fin novembre avec un trente-sixième album ! Youhou ! Depuis deux opus, Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, adoubé par Uderzo himself avait repris le flambeau, ou plutôt les pinceaux, de nos gaulois aux moustaches flamboyantes et à la potion magique. Je suis peut-être tombé dans la bédé grâce à eux. Je m’étais dit que je résisterais à la tentation et au lobbying médiatique et n’achèterais pas celui-ci. Raté… J’en ai à présent dans mes étagères l’un des deux millions d’exemplaires en langue française et des quatre millions d’exemplaires au total, en vingt langues, quel tirage !

La mécanique médiatique avait bien fonctionné. Petit à petit les éditions distillaient quelques informations pour faire grandir l’envie chez les asterixophiles, et les autres. Mi-octobre la couverture. Et jeudi dernier, sortie de l’album. Queues, à n’en plus finir devant les grandes librairies. L’Histoire fait toujours recette visiblement.

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Il s’agit justement d’Histoire dont parle cet album. Ou plutôt de l’Histoire telle qu’elle est racontée par les vainqueurs. César (Jules) vient d’achever l’écriture de ses « Commentaires sur la Guerre des Gaules » (ou, en latin Commentarii de Bello Gallico). Un chapitre fait pourtant tâche dans cette oeuvre monumentale à la gloire du grand homme, le numéro XXIV, ou « Revers subis face aux irréductibles Gaulois d’Armorique ». César est honnête, du moins il tente de l’être, mais il ne résiste pas aux conseils avisés de Bonus Promoplus, véritable communiquant politique à la Jacques Séguéla qui lui propose d’effacer ce passage. Juste un petit mensonge, une omission de rien du tout…

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Mais voilà qu’au moment de faire disparaître ledit chapitre en cours de copie par les scribes numides et muets, l’un d’entre eux s’échappe et remet le passage que César voudrait passer sous silence au gaulois Doublepolemix, un coloporteur de Lutèce en colportage à Rome. Branle bas de combat chez Promoplus ! Si jamais l’empereur tout puissant venait à apprendre la nouvelle, si le scoop sortait dans l’écho de Condate ou le matin de Lutèce, s’en était fini du soutien du Sénat, tout le monde rirait de César, et Promoplus était bon pour les lions, et les lions, ce n’était pas vraiment l’idée qu’il se faisait d’une vie réussie…

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Doublepolemix, à l’image de Julian Assange, trouve refuge chez ces irréductibles gaulois dont parle le chapitre. Peu de chance qu’on vienne le déloger là, et avec un peu de chance, il dégotera quelques scoops supplémentaires. Le papyrus n’est toutefois pas en sécurité. Les paroles restent et les écrits s’envolent. Panoramix, Idefix, Asterix et Obelix décident de perpétuer la tradition orale gauloise en allant enregistrer le papyrus auprès d’un vénérable druide de la forêt des Carnutes…

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C’est parfois risqué de reprendre une série plébiscitée et aussi appréciée qu’Asterix. Depuis la sortie d’Asterix chez les Pictes en 2013, Ferri et Conrad en sont à leur second album. Le premier avait cartonné. Leur cahier des charges est plutôt serré. Pas question de sortir d’un cadre qui pourrait briser l’image des gaulois. Il y aura un banquet à la fin, il y aura la présentation des personnages au début, des jeux de mots, de l’actualité, mais pas trop précise pour que l’album reste intemporel, il y aura Obelix un peu bébête mais qu’on aime beaucoup quand même, qui croit dur comme fer à ce que lui prédit son horoscope, et le futé Asterix qui saura protéger ses amis… Ne vous attendez pas à une originalité folle, cet album est clairement dans la joyeuse lignée des précédents. On y évoque la censure, la gloire, les parisiens, les médias, vous y trouverez quelques clins d’œil aux réseaux sociaux (des oiseaux auxquels on ne peux accrocher qu’un très court message, cela vous parle ?) ou aux autres albums d’Asterix auxquels un post-scriptum rend hommage. Goscinny avait imprimé sa marque sur les 24 premiers albums.

Le dessin de Conrad est fidèle à celui d’Uderzo, la faune y est toutefois bien plus présente. A part des sangliers (morts) et Idefix, il y avait peu de rôles importants d’animaux. Apparaissent les pigeons et un guide écureuil. Agecanonix reste ce petit vieux libidineux qui couche avec une femme bien plus jeune et belle que lui et n’en oublie pas de regarder ailleurs. Bonemine, en femme de chef, se verrait bien chef elle-même. Cétautomatix et Ordralfabetix se tapent dessus. Mais une fois n’est pas coutume, Assurancetourix le barde sera du banquet final.

Vous ne serez donc probablement pas déçu de ce nouvel opus des aventures d’Asterix le Gaulois, que vous soyez fan ou non. J’ai pour ma part beaucoup apprécié cette aventure qui me fait revenir en enfance à lire un « Asterix chez les Helvètes » devant un feu de cheminée en attendant la soupe du dimanche soir… Après, et vous l’aurez sûrement remarqué, je suis bon public.

Pour d’autres chroniques, vous pouvez aller jeter un oeil ici ou .

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Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le papyrus de César », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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