Les aventures de Poussin 1er – Les apparences sont trompeuses

Les aventures de poussin 1er - T2

Par Eric-Emmanuel Schmitt et Janry

– Quelle chance d’être né moi ! Et d’occuper le centre du monde… Même si je voulais être modeste, je ne le pourrais pas.

Eh ! Mais, mais ??? C’est tout moi ça ! « Même si je voulais être modeste, je ne le pourrais pas. » Quelle joie d’enfin tomber sur une bande dessinée qui s’intéresse à MOI. Oui, oui, MOI et MOI seul. Je vous l’ai dit, je suis le centre du monde. J’aurais pu naître n’importe qui d’autre, mais non… Si je le veux tu deviens tout petit, ou très grand.

Je retrouve avec joie Poussin, ma volaille blonde de basse-cour qui philosophe à tout va sans bien savoir que c’est ce qu’il fait. Le rat de bibliothèque tente bien de le cadrer et de l’éveiller aux secrets des grands auteurs anciens. Mais pour cela il faudrait déjà que Poussin se connaisse, et poussin ne s’est jamais vu. Et Poussin a faim. Faim au point de vouloir attraper les étoiles pour les dévorer, elles qui semblent si accessibles.

Poussin grandit, Poussin s’aime avant d’aimer les autres. Dans une succession d’historiettes toutes plus drôles les unes que les autres Schmitt et Janry dévoilent un peu de philosophie, posent des questions pertinentes de relativité, de sciences ou de vie. Oh, vous ne trouverez pas les réponses dans ce tome non plus. A vous d’aller les chercher tout seul. Rien ne vaut l’effort, et puis, ce n’est pas parce qu’on vous le dit qu’il faut croire, expérimentez vous-mêmes, comme tout bon apprenti philosophe.

Les aventures de Poussin 1er - Les apparences sont trompeuses - Janry - Page 3

Les aventures de Poussin 1er – Les apparences sont trompeuses – Janry – Page 3

Nous retrouvons les amis de Poussin, tante Gallina, le rat de bibliothèque, et quelques autres qui n’apparaissaient pas dans le premier tome (chroniqué ici). Un lapin pas vraiment futé (irais-je jusqu’à dire crétin ?), une tortue au langage fleuri qui me fait penser à un ami (rapport au langage, pas à la vitesse), un chat au torticolis… La complicité des deux auteurs fait merveille encore une fois. Le dessin porte le texte qui souligne le dessin, les animaux de la basse-cour sont poilants, leurs dialogues succulents, même quand ils ne parlent pas, certains passages complètement absurdes mais oh combien délectables !

Le premier tome avait pour lui l’avantage d’une idée originale (et géniale), le second opus pouvait sombrer dans le déjà vu. C’est mal connaître Eric-Emmanuel Schmitt qui semble s’amuser comme un enfant à l’écriture de ces petits scénarios tous plus sympathiques les uns que les autres. Je m’aventure dans un monde de sciences (la philosophie n’est-elle pas la mère de toutes ?) à la suite de Poussin qui ose à peine, lui s’aventurer au delà des barrières de sa ferme. Il ira voir bien sûr, à sa façon, le monde qui l’entoure mais reviendra bien vite (Poussin vole sur le dos d’une cigogne : « -Où est la ferme ? – Là-bas. – Elle est devenue toute petite ! Vites ! Retournons-y ! – Ca ne t’a pas fait trop mal ? – Quoi ? – De devenir minuscule pendant que je m’éloignais ?« ) Poussin est toujours aussi attachant. L’album est drôle, décalé, comme le précédent… Essai transformé !

Les aventures de Poussin 1er - Les apparences sont trompeuses - Janry - Page 5

Les aventures de Poussin 1er – Les apparences sont trompeuses – Janry – Page 5

Alors oui, les apparences sont trompeuses. Derrière les dessins de celui qui a donné vie au Petit Spirou, il y a beaucoup d’intelligence, chaque histoire vous conduit à vous questionner, enfin, tout dépend dans quel état d’esprit vous le lisez. Vous n’aurez pas mal au crâne comme après la lecture d’un essai philosophique auquel vous ne comprenez pas toutes les phrases (je généralise peut-être mon cas là, non ?), vous n’aurez pas spécialement besoin de l’encyclopédie Universalis à vos cotés, mais une seconde lecture est possible…

Vous n’êtes pas obligé de me croire. Il ne faut d’ailleurs jamais croire aveuglément. Ce n’est pas parce que je vous dis que vous devriez absolument lire cet album que vous devez vous ruer dans la première librairie au coin de la rue l’acheter. Courrez dans la librairie du coin de la rue pour l’acheter et vous faire votre propre opinion…

Le même jour j’ai récupéré des œufs… Je ne suis pas sûr de vouloir les casser, si jamais l’une ou l’autre de ces coquilles abritait le futur Socrate ?

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Les aventures de Poussin 1er – Les apparences sont trompeuses », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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