Les vieux fourneaux – #3 – Celui qui part

Les vieux fourneaux T3

Par Wilfrid Lupano & Paul Cauuet

Plutôt crever ! Ils ont engraissé les banques toutes leur vie comme des esclaves pour se payer leur petit pavillon de merde et leur piscine, qu’ils comptent pas sur moi pour venir leur racler la véranda !

Mimille, Pierrot et Antoine sont de retour. Ils étaient attendus ces trois-là ! En tout cas par moi et la razzia sur leur dernier album dans ma librairie préférée me fait dire que je n’étais certainement pas le seul ! Les trois petits vieux qui ploient sous l’âge se retrouvent à coté des laboratoires Garan-Servier, creuset de leur enfance dans le Lot-et-Garonne. Exit Paris et la cause, il n’est plus question de défendre le troisième âge en investissant massivement les bars bruyants de la capitale en commandant des verveines menthe ou de cracker le blog de Nadine Morano (tome 2, ici). Les deux auteurs reviennent avec délectation dans la campagne qui a vu naître la série, auprès de Sophie, Juliette sa fille et son théâtre de marionnettes qui, lui a vu le jour à la fin de premier opus, ceux qui restent ().

Les vieux fourneaux - Celui qui part - Paul Cauuet - Page 6

Les vieux fourneaux – Celui qui part – Paul Cauuet – Page 6

(Ça donne envie de vivre à la campagne une planche comme ça non ?)

Si le premier tome s’intéressait à Antoine et sa lutte syndicale contre l’exploiteur Garan-Servier, si le second regardait du coté de Pierrot et de son collectif Ni yeux ni Maître, ce dernier s’intéresse à Mimille, un personnage discret qui semblait plutôt suivre les deux compères précédemment et dont on sait, finalement, assez peu de chose, sinon qu’il apprécie la compagnie de la petite fille d’Antoine et qu’il se tient gentiment à l’écart de toute lutte, comme s’il était un peu moins barré que ses deux amis.

Pourtant la bagarre, il connait bien, Emile ! Il avait 23 ans et son activité favorite c’était se foutre sur la gueule avec son ami australien Errol dont il s’était entiché de la sœur, Kristina, dans les rades pourris des ports qu’il fréquentait alors, loin, là-bas dans l’hémisphère sud. Mimille a eu une vie que les deux autres n’imaginaient même pas. L’arrivée d’Errol va raviver des souvenirs que le protagoniste lui-même avait, volontairement ou non, oubliés. Il est question de trésors, de requins, d’Ikea (« C’est ça. Errol, qu’il s’appelle. Et y’a pas que son nom qui fait penser à un meuble Ikea, chez lui…« ) et d’un amour de jeunesse qui déclencha tout ce ramdam. Une histoire que découvrira Sophie grâce à la vieille Berthe, la folle du village, réveillant sa colère contre les trois vieux.

Les vieux fourneaux - Celui qui part - Paul Cauuet - Page 24

Les vieux fourneaux – Celui qui part – Paul Cauuet – Page 24

Un troisième tome pouvait me faire craindre des longueurs, la perte d’un effet de surprise déjà disparu dans le second. Et pourtant nos trois vieux sont toujours là ! Et ils n’ont pas envie d’en finir, ils aiment la vie et tout ce qui va avec, ils s’indignent encore et ont la sagesse de se sentir con parfois (« J’ai déjà eu honte, dans ma vie, comme ça, en amateur, mais depuis deux jours, j’ai vraiment l’impression d’être passé professionnel.« ) Les dialogues sont géniaux, j’adore leurs réparties (surtout celles d’Antoine et Pierrot qui s’aiment comme chien et chat), leur envie d’en découdre. Le dessin sert toujours aussi bien l’histoire, il croque trois vieillards fragiles, craquants et déterminés à vivre ! Les quelques retours dans le passé, couleur sépia, sont très réussis et le scénario nous entraîne encore là où on ne l’attend vraiment pas, invitant de nouveaux personnages truculents dans l’histoire. Lire Pierrot tenter de parler Angliche avec Errol est poilant, la série s’internationalise…

Et s’il était nécessaire de confirmer la citation « le ridicule ne tue pas », il convient de s’arrêter un instant sur les premières planches de l’album où Pierrot fait encore des siennes, butinant le pavé parisien…

Les vieux fourneaux - Celui qui part - Paul Cauuet - Page 3

Les vieux fourneaux – Celui qui part – Paul Cauuet – Page 3

Ils sont drôles, ils sont attachants, ils cassent l’image croulante du petit vieux qui n’en peut plus de vivre, ils sont géniaux.

L’album se termine par un « fin de l’épisode », cela laisse-t-il présager d’une suite encore ? Pour s’intéresser à qui ? Pour aller où ?

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Les vieux fourneaux – #3 – Celui qui part », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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5 réflexions sur “Les vieux fourneaux – #3 – Celui qui part

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