Le jardin d’Emile Bravo

Le jardin d'Emile Bravo

Par Emile Bravo

Le jardin d'Emile Bravo - Verso

Allez, on se refait un petit Emile Bravo avant d’aller manger la dinde ?

Emile Bravo est un acteur majeur de ces dernières années dans le 9ème art. Adepte d’un style à la Hergé, qui a d’ailleurs bonne place dans cet album déroutant, il sait nous offrir des albums parfois classique et grand public (les épatantes aventures de Jules, ici ; Aleksis Strogonov…), plus personnels (Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, par ), un Spirou fantastique (le journal d’un ingénu, c’est !), des courts contes détournés mettant en scène des ours nains (c’est par ici) ou encore les illustrations d’albums jeunesses (cliquez pour en lire plus…) Bref, vous l’aurez compris, vu le nombre de chroniques que je lui ai consacré, j’aime cet auteur à l’aise en toutes situations, modeste et talentueux…

Il a confié l’an passé aux Requins Marteaux, une maison d’édition bédé atypique, puisqu’elle a été créée par des auteurs de bande dessinée qui se revendiquent indépendant, presque underground dira Wikipedia, le soin d’éditer des planches jamais publiées ensemble, sans queue ni tête parfois, que l’on a pu croiser dans quelques journaux ou magazines (Libération, Spirou, Télérama…) Alors moi, je vous dis, pour plaire à toutes ses rédactions, il doit faire un grand écart impressionnant. L’album se veut comme un journal intime. Je n’y trouve pas vraiment de fil rouge, plutôt une série d’essais réussis de l’auteur qui s’aventure parfois aux antipodes de son style conventionnel et habituel…

Le jardin d'Emile Bravo - Page 4

Le jardin d’Emile Bravo – Page 4

René et ses dimanches cuisine pour éviter le traditionnel hamburger frites qui ramène chaque semaine une recette de l’ami Michel (qui réussit rarement…), les ours nains et Barnabé, Doktor Tottenheimer et son ami Schwarz, un Georges shérif pillant un village avec l’aide de riche propriétaires sous le regard d’une Hilary remontée et d’un Barack esclave (toute ressemblance ne doit pas être tout à fait fortuite…), vous croiserez tous ceux-là dans ce recueil. Sorties de leurs contextes les histoires sont parfois difficiles à saisir, arrivant comme un cheveu sur une soupe dont les ingrédients nous échapperaient même à la troisième cuillère. Et c’est ce qui fait le charme de cet album, regroupant une vingtaine d’histoires et projets d’affiches refusés dont la réalisation s’étale de 1999 à 2013. Les styles varient, du pastiche de Blake et Mortimer ou de Gaston à la critique politique acerbe au simple clin d’œil au travail de l’auteur de bande dessinée (artiste ou artisan ?) chaque histoire peut se lire séparément, en picorant d’une page à l’autre sans se préoccuper de celle qui suit.

Le jardin d'Emile Bravo - Page 20

Le jardin d’Emile Bravo – Page 20

Je ris, j’applaudis, j’apprécie la technique ou le scénario de l’une ou l’autre des planches, revient en arrière, picore à nouveau. Je ne me lasse pas de découvrir le talent de cet auteur prolifique qui ne cesse de m’étonner. Les phylactères se remplissent de dessins plutôt que de mots, les animaux parlent, les petits lapins… non, on ne dira pas ce que font les petits lapins d’Emile Bravo… Souvent critique, toujours bien vu, Bravo s’impose comme un sacré observateur de notre société actuelle avec ses petits travers qu’il se plait à tordre plus encore, sans méchanceté, avec une ironie mordante. L’absence de parole nous oblige souvent à faire preuve d’imagination. Il n’y a pas de raison que le lecteur ne mouille pas lui aussi un peu la chemise…

Le jardin d'Emile Bravo - Page 22

Le jardin d’Emile Bravo – Page 22

Je ne conseillerais sûrement pas cet album pour une première lecture d’Emile Bravo, mais une fois que vous connaissez son univers, n’hésitez pas à vous laisser surprendre !

Bonne lecture, et bonnes fêtes de fin d’année si je ne reviens pas d’ici là… 🙂

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le jardin d’Emile Bravo », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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