La présidente

presidente

Par François Durpaire & Farid Boudjellal

Et si le 7 mai 2017, d’une poignée de voix, Marine Le Pen était élue Présidente de la République?

L’universitaire et historien François Durpaire et le dessinateur Farid Boudjellal racontent l’onde de choc qui suivrait en France et en Europe.
Aidés d’une équipe d’experts, ils nous font assister à l’inimaginable : l’intronisation de Marine Le Pen, la composition d’un nouveau gouvernement, l’application minutieuse et à marché forcée du programme du Front National.

Née de la guerre d’Algérie, la Ve République donne au Chef de l’Etat les pouvoirs les plus étendus de toutes les démocraties du monde. Comment Marine Le Pen pourrait elle en profiter? Quels contre-pouvoirs pourraient s’y opposer en France et en Europe?

La Présidente raconte cette histoire-là.
Un album glaçant, d’un réalisme implacable.

Maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…

« A voté ! »

7 mai 2017.

J’ai l’habitude de me prêter au jeu citoyen du dépouillement suite aux élections dans mon bureau de vote. A l’issue du premier tour des élections régionales, à nouveau, je participe. Je ne suis pas politisé, je ne dirais pas que je me fous de la vie de la cité et de sa gestion, mais qu’entre plusieurs maux j’entreprends de mettre dans l’urne le moindre. La liste FN arrive en tête, et de loin. La soirée électorale télévisuelle qui s’ensuit s’ouvre sur le choc, l’avertissement des français au gouvernement, le ras le bol. Comme en 2002 aux présidentielles. Comme en 2014 aux européennes alors que le parti d’extrême droite se proclamait « premier parti de France ». Les politiques clament d’une seule voix qu’ils ont compris les citoyens, qu’il faut faire appel au rassemblement citoyen. Mais voilà, aux élections suivantes, le scénario se reproduit, le sursaut citoyen a assuré une confortable victoire aux partis « traditionnels », plus la peine de s’inquiéter avant la prochaine échéance électorale. D’ici là, le siège est chaud, confortable… Je le disais, je ne suis pas politisé. Je me définirais plutôt comme un déçu de la politique qui vote par défaut plus que par conviction. C’est grave docteur?

Après je ne sais plus quelle élection où le front national avait (encore) fait un score élevé, je lisais dans un journal national des réactions de jeunes qui, bien que ne votant pas pour ce parti, étaient partisans de laisser sa chance à la fille du père. Après tout, nous jugeons peut-être sans savoir. J’en avais été atterré.

La présidente - Farid Boudjellal - Page 9

La présidente – Farid Boudjellal – Page 9

Et voilà qu’en 2017… « le visage du nouveau président va s’afficher !… Et c’est une présidente. Marine Le Pen devient le huitième chef d’état de la Ve République ! C’est une déflagration ! Un séisme politique sans précédent ! » Qu’est ce qui nous sépare de cela après tout ? Notre désintérêt de la vie politique (les auteurs prédisent une abstention record au second tour des présidentielles : 37,5%) ne nous y mène-t-il pas droit ?

La présidente - Farid Boudjellal - Page 43

La présidente – Farid Boudjellal – Page 43

Attentif aux signaux « sous le radar » l’historien François Durpaire n’a jamais senti cette victoire aussi proche. En compagnie du dessinateur Farid Boudjellal il décrit avec précision les 100 premiers jours de la présidente frontiste et la mise en application de son programme de repli sur soi. Le programme présenté dans l’album est celui du parti, sans écarts, « reproduits à l’identique, sans correction orthographique » précise-t-on en préambule…

La présidente - Farid Boudjellal - Page 38

La présidente – Farid Boudjellal – Page 38

Le récit suit 4 personnages, Antoinette, nonagénaire résistante et indignée ; Fati, jeune sénégalaise en France depuis l’enfance, au titre de séjour arrivant à expiration et les petits fils de la première, Steph et Tariq. Abasourdis autant que moi par la secousse politique sortie des urnes, ils tentent d’entrer, avec les moyens actuels en résistance, choisissant la voie de l’information sur la toile. Si sous Besson les charters en route vers l’Afrique étaient nombreux, sous Le Pen le bilan carbone national ne s’arrange guère. Le vieux Le Pen bénéficie de funérailles nationales décrétées par la fille. Les journalistes font leur travail comme si de rien était, saluant le grand homme, une personnalité marquante de notre histoire. Le climat social devient nauséabond alors que les pages se tournent, les plus vils penseurs ne se cachent plus. Ils expriment tout haut ce qui auparavant était considéré honteux. L’euro disparaît au profit du franc. La préférence nationale devient priorité… Case après case le programme se met en place, écrasant toute contradiction. L’opposition n’est plus.

La présidente - FArid Boudjellal - Page 100

La présidente – Farid Boudjellal – Page 100

Les deux auteurs, pour écrire cette uchronie malheureusement étonnamment réaliste, s’appuient sur l’économiste Emmanuel Lechypre (BFM), le chroniqueur politique de France Inter Thomas Legrand, Ulysse Gosset spécialiste de politique étrangère (sur BFM également) ou encore Wallès Kotra (journaliste en Nouvelle Calédonie) qui imagine les conséquences de la politique d’un tel gouvernement pour l’outre mer.

Glacial, inspiré a défaut d’être factuelle (comment peut on l’être en évoquant le futur ?), ce récit fait froid dans le dos, rappelant quelques tristes souvenirs de notre Histoire française, amplifiés par les moyens technologiques actuels. Le dessin en noir et blanc, parfois photographique ou flou ajoute au réalisme de l’album. L’album a été bouclé avant les attentats du 13 novembre, et était sur les presses au second tour de l’élection régionale…

Peut on élire un parti démocratique dont la finalité est de détruire la démocratie ?
Vous avez trois heures…

Quant à l’idée saugrenue de vouloir vérifier lesquelles des prévisions de François Durpaire et Farid Boudjellal se révèlent juste, je préfère m’en passer et tout faire pour que cela n’arrive pas…

Un album testé par toute la famille (ou presque) et apprécié pour sa clairvoyance et son intelligence.

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « La présidente », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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4 réflexions sur “La présidente

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