Dent d’ours

Dent d'ours Couv

Par Yann & Henriet

Silésie, dans les années trente. Trois enfants inséparables, Max, Werner et Hanna, partagent la même passion pour l’aviation. Mais au loin, l’écho du martèlement de bottes et du sinistre fracas de casques commence déjà à résonner !
Bientôt l’ouragan d’acier qui va ravager toute l’Europe va contraindre notre trio à devoir effectuer de terribles choix.
Leur amitié pourra-t-elle y survivre ?

* Petite note avant de démarrer, ce n’est pas la première fois que je trouve une faute d’orthographe dans une quatrième de couverture, mais celle-ci se reproduit dans les 3 tomes de ce premier cycle : martèlement ne s’écrit pas martellement 🙂 (en même temps, pour ma part, je ne garantit pas leur absence totale dans mes posts…)

Ceci dit, cette coquille n’enlève rien au plaisir de ces albums voguant entre l’enfance et le monde adulte alors que le monde est troublé. Max, Werner et Hanna sont les meilleurs amis du monde. Ils vivent en Silésie, deux sont allemands, le dernier est juif polonais, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas la meilleure situation en cette période. Ils sont tous les trois passionnés d’aviation, ils font voler leurs planeurs le plus loin qu’ils peuvent. Max est un peu trouillard, l’intellectuel de la bande, celui qui a lu Mein Kampf, celui qui sait que s’engager dans les HJ Fliegeren est une folie plus qu’une simple formalité, la seule permettant de continuer à voler. Hanna est un peu folle, ou garçon manqué, même si elle n’apprécie pas d’être décrite ainsi, elle ira jusqu’au bout pour devenir une aviatrice reconnue, quitte à porter le brassard rouge et noir, sa personnalité est complexe, on s’y perd. Werner quant à lui est également un casse-cou, il fait ce qu’il peut pour suivre Hanna et ne s’embarrasse pas de sentiment quand il s’agit d’aller adhérer au parti national-socialiste pour continuer à voler et passer ses brevets, un peu naïf quoi… Les trois enfants ont leur caractère propre.

Dent d'Ours - Tome 1 - Page 14

Dent d’Ours – Tome 1 – Page 14

Max a émigré aux Etats Unis pour fuir les persécutions contre les juifs contre lesquelles ses amis ne peuvent rien. C’est aussi la seule façon qu’il a trouvé pour continuer à voler. Il sert sur une base aérienne au sein de l’USAAF, il est dans le Pacifique. L’aviateur est un crack, il a descendu plusieurs avions kamikazes japonais mais sa vie bascule quand il est mis aux arrêts. Celui qu’on appelle le Polak est pris pour un autre, soupçonné d’espionnage, rossé par ceux qui quelques pages auparavant étaient ses camarades. L’OSS, les services secrets, lui mettront la main dessus, Wild Bill, le colonel Donovan lui propose un marché… Il devra retourner en Haute-Silésie.

Dans le second tome, Max est parachuté en Pologne, récupéré par un groupe de résistants et travesti en pilote de l’armée allemande. Il devient Werner, ironie du sort, c’est le nom de son meilleur ami dont il n’a plus aucune nouvelle. Non loin de là la Lutwaffe, l’armée de l’air allemande, teste de nouveaux prototypes qui font trembler les forteresses volantes, bien que le grand Reich nazi se délite lentement, certains y croient encore. Hanna Reicht est de ceux-là. Max la retrouve, elle ne le reconnaît pas, l’enfance est loin, celle qui était une amie n’a plus rien d’innocent, froide aryenne abattant sans pitié les avions ennemis, expédiant à une mort certaine des dizaines de jeunes hommes sachant à peine faire du vol à voile et se portant volontaires pour sauver ce qu’il reste de l’Allemagne.

Dent d'Ours - Tome 2 - Page 2

Dent d’Ours – Tome 2 – Page 2

Max devenu Werner gagne la confiance des pilotes de la base, Berlin est en ruine, le Führer se donne la mort dans son bunker, tout pourrait être fini mais le fanatisme a la dent dure, les armes secrètes sont à peine prêtes, qu’à cela ne tienne, elles seront tout de même déversée sur les villes de ces untermenschen (sous-hommes) qui défient encore un empire qui n’est plus et n’a peut-être jamais été. Hanna sera de ceux qui vengeront Hitler. Max ne pourra assister qu’impuissant, incapable d’arrêter l’amie d’enfance. Le dernier tome du cycle éclaire d’une nouvelle lumière les deux précédents, intelligemment, même si c’est parfois sans subtilité.

Dent d'Ours - Tome 3 - Page 6

Dent d’Ours – Tome 3 – Page 6

Yann, le scénariste, use de flash-backs à répétition entre la vie adulte des trois protagonistes et leurs vies d’enfants, en Silésie. L’enfance permet de comprendre le lien qui unit les trois héros. Un lien brisé par la guerre et l’incompréhension. La série est truffée de clichés que l’on s’attend à trouver là. Les trois enfants blonds, sûrement aux yeux bleus, le jeune juif persécuté qui doit fuir le pays et son ami incapable de le protéger, la résistante belle et attirée par le bel américain qu’elle vient de recueillir, le fanatisme d’une jeune femme insaisissable, garçon manqué dans son enfance qui fait tourner les cœurs, notamment de ses deux amis entre lesquels elle ne souhaite pas choisir, elle les aimera tous les deux puisqu’ils l’aiment aussi. Les trois enfants feront un serment qui les liera toute leur vie, un soir, sous l’orage, dans une grotte occupée par des ours des cavernes, tellement trempés qu’ils auront mis leurs vêtements à sécher aux cotés d’un feu qui les réchauffera pour la nuit. Qu’en ont pensé les parents ?

Dent d'Ours - Tome 2 - Page 23

Dent d’Ours – Tome 2 – Page 23

Dent d'Ours - Tome 3 - Page 42

Dent d’Ours – Tome 3 – Page 42

Ces lieux communs construisent une histoire somme toute peu originale dans son fond et le génie de l’auteur sera de parvenir pourtant à nous tenir jusqu’au bout du troisième tome par des révélations inattendues. Je plains ceux qui ont dû attendre que chaque album sorte pour avoir la suite, je ne parviens pas à lâcher l’histoire et j’aurais eu le plus grand mal à devoir patienter que sorte le tome suivant. On s’attache, même si on ne devrait peut-être pas, aux personnages de ces enfants tiraillés entre l’amitié et l’Histoire. Max est sensible et touchant, Hanna est belle et la naïveté de Werner pourrait prêter à sourire si elle ne l’amenait pas aux choix qu’il fait.

Les dessins d’Alain Henriet sont superbes, les cases de combats aériens ne sont pas sans rappeler des Buck Danny, les expressions des visages sont très réalistes et les détails vraiment soignés. Le travail des couleurs par Usagi (femme d’Alain Henriet à la ville) est bluffant !

Cette série avait tout pour me plaire, elle ne m’a pas déçu, et si un second cycle devait paraître, je l’attendrais avec impatience !

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Dent d’Ours », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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3 réflexions sur “Dent d’ours

  1. Pingback: Max | Le Quatrième de Couverture

  2. J’ai lu Dent d’Ours dans le journal de Spirou de mes enfants. J’ai adoré cette BD et attendu avec impatience la suite. Une belle histoire assez forte. De très beaux dessins

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