Undertaker – #1 – Le mangeur d’or

Undertaker Couv

Par Ralph Meyer, Caroline Delabie & Xavier Dorison

Undertaker Verso

Je ne suis pas grand amateur de western en bande dessinée, peut-être parce que je ne m’y suis jamais vraiment intéressé depuis l’âge où je lisais Lucky Luke. Je n’ai pas lu la série de Charlier et Giraud auquel l’éditeur fait référence en écrivant « Le plus grand western depuis Blueberry » sur la couverture dans un petit sticker noir surmonté d’un cercueil… tout ce qu’il y a de plus glamour.

Je trouve le style western éculé, beaucoup de déjà vu, l’ambiance et les personnages ont déjà été créés, mis en scène, usés jusqu’à la corde me semble-t-il. Des bons, des méchants, une pute (parfois plusieurs). Mais il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, et devant un engouement que je lisais un peu partout sur la blogosphère et autres sites dédiés au neuvième art, j’ai fini par acheter le premier tome de cette série, en me disant qu’au pire je ne renouvellerai pas avec le second… Las, je ne tiendrai pas longtemps sans me le procurer et me plonger dedans pour lire la suite des histoire de celui qui se fait appeler Jonas Crow (Corbeau en anglais), un croque-mort étonnant et détonnant qui va de ville en ville pour remplir des cercueils. Sa petite entreprise ne connait pas la crise, aussi quand un dénommé Joe Cusco le presse de venir à sa rencontre pour prendre soin de ses funérailles, le lendemain, l’homme prend les rênes de son corbillard pour se rendre à Anoki City. Anoki City est une ville minière que dirige Cusco avec la complicité du Shériff Bigby, peuplée de pauvres familles attirées par le brillant de l’or qui part dans les poches de ce brave monsieur Cusco.

Monsieur Cusco est embarqué, raide et bientôt puant dans le corbillard. Lin et Rose sont aux cotés de Crow et Jed, le vautour qu’il n’a pas réussi à tuer (son regard l’avait fait fondre), toute la ville, quelques soldats et des shériffs pas loin derrière. Le voyage s’annonce mouvementé dans les canyons qui les mèneront au filon Red Chance, là où l’homme a trouvé la première pépite de celle qu’il a avalé avant de mourir. Pas question que quelqu’un d’autre profite du trésor de sa vie, même dans sa mort.

Undertaker - Tome 1 - Ralph Meyer - Page 5

Undertaker – Tome 1 – Ralph Meyer – Page 5

Si on retrouve les ambiances typiques du western (le saloon, la mine, la grande rue des villes et les vautours), des personnages qui le sont tout autant (un héro solitaire et difficile à saisir, une belle anglaise, gouvernante, aux formes plus qu’agréable, un shériff qui semble bien s’engraisser ou quelques locaux qui ne brillent pas par leur intelligence), la complexité de ceux de Xavier Dorison, le scénariste, apparaît au fil des pages. Je m’attache à ce croque-mort qui est plus sensible qu’il ne veut bien le laisser paraître et à cette Rose, anglaise, honnête et passionnée qui refuse de devenir une salope comme l’était Cusco. Elle ne laissera pas la dépouille aux vautours et fera tout pour sauver ce malheureux otage qu’elle ne connait pas en allant au bout des dernières volontés de Cusco, sans jamais renier ses convictions. Le scénariste, toute en conservant les canons du genre parvient à renouveler l’ensemble. Prendre pour personnage principal un croque-mort, il fallait oser, le métier n’est pas vraiment le rêve de tous !

Undertaker - #1 - Ralph Meyer - Page 21

Undertaker – #1 – Ralph Meyer – Page 21

Le ton des dialogues est décalé, parfois drôle, certaines images se passent de commentaires. Lent au démarrage, comme engourdi par la chaleur du désert, le rythme s’accélère et la tension monte au fil des pages, comme tout bon western qui se respecte. Jonas Crow aime a citer des épîtres inconnus détournant délicieusement des phrases bibliques : « Même pour tout l’or du monde, tu n’enverras pas tes gosses crever comme des cons en creusant des trous à rats. – Saint-Paul aux Californiens, chapitre 4, verset 2″

Le dessin de Ralph Meyer et les couleurs de Caroline Dorison sont super et nous font rentrer dans l’histoire. Le découpage y est aussi pour beaucoup. Il est loin d’être monotone et régulier. Les cases s’allongent jusqu’à en devenir des pleines pages emplies de détails, ou jusqu’à traverser toute une page, un travail de maître.

Undertaker - #1 - Ralph Meyer - Page 43

Undertaker – #1 – Ralph Meyer – Page 43

Alors, non, je ne suis pas grand amateur de western, et pourtant j’irai moi aussi dans les rayons de ma librairie en espérant qu’elle ait encore en stock le tome 2 de cette série qui me promet bien du plaisir ; et à en croire la quatrième de couverture qui n’est pas sans rappeler un gaulois et son menhir, il pourrait y en avoir de nombreux autres à suivre !

Ah, et je vais me permettre de citer un autre chroniqueur sur « Bédéthèque.com » : « Sans vouloir faire de prosélytisme et paraphraser l’épître VII de Jim Mac Clure aux habitants de Tombstone « Heureux ceux qui croiseront l’Undertaker, car ils connaîtront le bonheur ; quant aux autres, ils ne sauront jamais ce qu’ils ont perdu… ». » Qu’on se le dise…

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Undertaker – #1 – Le mangeur d’or », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

Si cette chronique vous a plu, n’hésitez pas à « suivre » ce blog en indiquant simplement votre adresse e-mail ci-dessous (aucune création de compte nécessaire).

Publicités

Une réflexion sur “Undertaker – #1 – Le mangeur d’or

  1. Pingback: Undertaker – #2 – La danse des vautours | Le Quatrième de Couverture

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s