Dormir cent ans

dormir cent ans

Par Pauline Bureau

Aurore a douze ans. Elle joue du piano, n’a jamais embrassé un garçon et photographie chaque jour des parties de son corps qui change.
Théo a treize ans, il fait du skate, lit des bandes dessinées et raconte beaucoup de chose à son ami imaginaire. Au collège, Aurore et Théo ne se sont jamais parlé. Mais en rêve, ils vont se rencontrer.

Aurore et Théo sont deux jeunes qui se croisent au collège, se retrouvent assis l’un a coté de l’autre. La première a beaucoup d’amies, le second vient d’arriver dans cet établissement et se sent bien seul. Son ami imaginaire ne veut pas l’accompagner au collège, ce n’est pas un lieu pour lui, dit-il. Dans sa chambre, Aurore monologue et parle d’elle. Elle examine son corps qui change et réclame un soutien-gorge à sa mère alors que sa poitrine est encore aussi plate que le plateau d’une table. Chez lui, Théo joue aux jeux vidéo, son père l’exhorte à sortir, à profiter d’autre chose que cette télé qui le fascine et lui prend tout son temps. Dans la rue, Aurore compte tout, ses pas, les mots de ceux qui lui parle, le nombre de touches du piano… Au collège quand le prof de maths parle de Pythagore et de théorie euclidienne, ils sont déjà loin, autre part…

Un jour que le père de l’un et les parents de l’autre s’absentent, ils s’endorment tous les deux, et dans une forêt sombre et dense, au détour d’un rêve un peu magique, ils vont se croiser…

THÉO. Ça ? C’est la clé de la maison, en pendentif. Quand je suis rentré en sixième, papa m’a offert ça. Comme ça je peux rentrer tout seul après l’école. Parce que je suis grand. (Un temps.) Je suis grand. Mais parfois j’aimerais bien qu’il y ait quelqu’un quand je rentre le soir.

Cette courte pièce de théâtre a été écrite avec et pour les acteurs qui la joue. Pauline Bureau, à la baguette, nous entraîne dans un monde poétique et imaginaire où se rencontrent un tigre blanc, une grenouille en queue-de-pie et un lapin en costume-cravate. Les parents sont absorbés par leur travail et ce qui a du sens, ce qui compte, pas ce qui s’envole dans les rêves… Les deux enfants s’évadent comme ils peuvent, bien seuls malgré tout, dans un entre-deux parfois inconfortable.

J’imagine assez bien les deux tableaux, chacun d’un coté de la scène, l’un sombre et l’autre éclairé quand parle Théo ou parle Aurore. Les deux actes se répondent, l’un devenant le décor de l’autre, sans se mélanger, hermétiques l’un à l’autre, jusqu’à ce que les frontières ne deviennent floues et qu’Aurore entre dans le monde de Théo. Et que Théo entre dans le monde d’Aurore. Le temps d’un rêve. L’un et l’autre ne se réveilleront pas tout à fait pareil…

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Dormir cent ans », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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