Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 10 ans

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Par Riad Sattouf

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Avez-vous des enfants en primaire ? Ils vous parlent peu mais vous aimeriez bien savoir ce qu’ils pensent ? Ce qui les fait bouger, de quoi sont faites leurs journées à l’école ? Esther va sûrement pouvoir vous aider.

Écolière parisienne de 10 ans (enfin, 9 quand l’album démarre), Riad Sattouf (l’auteur couronné du fauve d’or pour L’arabe du futur tome 1 (ici) et pour son tome 2 qui suit ()) a recueilli chaque semaine une anecdote, quelque chose de la vie d’Esther qu’elle aura choisi, décrit, et corrigé (j’imagine assez bien la petite fille guider le crayon du dessinateur quant il s’agit de croquer un oiseau à queue de serpent et dents…) Les références sont celles des enfants d’aujourd’hui, elle ne se privera pas de vous le faire remarquer d’ailleurs (si vous êtes trop vieux, vous risquez de ne pas connaître Kenji Girac). Elle parle avec fraîcheur de sa famille, de son frère (un con), de sa mère (enceinte, sinon on ne saura pas grand chose de plus sur elle…) et de son père (un vrai Apollon, l’homme parfait, celui qui rattrape tous les autres (parce, vraiment, les garçons, ils sont lourds) ; de l’école et de sa maîtresse, de ses meilleures amies dont il lui arrive parfois de changer (on ne contrôle pas toujours tout), des cours qui sont bien inutiles souvent et ne parlent pas de ce qui est vraiment important !

Les cahiers d'Esther - Histoires de mes 10 ans - Riad Sattouf - Page 24

Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 10 ans – Riad Sattouf – Page 24

Esther regarde les autres et les catalogue allègrement, son avis change parfois, mais les répétitions sont légions dans cet album et elle nous fait bien comprendre que Maxime c’est le beau gosse de l’école et Mitchell le vraiment pire garçon de tous. Avec ses yeux d’enfant qui ne sont pas sans rappeler ceux de Marzi (ici) elle tente de comprendre ce qui se passe autour d’elle, protégée par ses parents (surtout son père, un vrai Dieu !) qui ne veulent pas lui offrir d’I-Phone 6 alors que ses amies ont presque toutes des smartphones. La richesse s’estime à l’allure des autres enfants. Petit à petit les garçon cessent d’être des cons, et elle va se marier… Eh oui ! Après tout elle a embrassé Louis.

La stupidité des plus jeunes, une fois passée par le prisme de Sattouf nous fait sourire, l’importance des choses et la compréhension biaisée qu’ils peuvent avoir du monde. Chaque saynète est bien savoureuse et se croque avec envie. Bien sûr la comparaison est tentée avec l’arabe du futur. Le thème est toutefois complètement différent et ne souffre pas cette comparaison, vous êtes à Paris, vous entrez dans un nouveau monde, celui d’une cours de récré !

Les cahiers d'Esther - Histoires de mes 10 ans - Riad Sattouf - Page 10

Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 10 ans – Riad Sattouf – Page 10

Je retrouve avec plaisir le dessin et le style de Riad Sattouf qui m’avait tant plu dans les deux albums précédents que j’avais lu de lui, les petites flèches explicitant ce que le dessin ne parvient pas à dire, les phylactères complètement remplies, le choix des mots rappelant l’oralité (voire frisant parfois la phonétique… la réforme de l’orthographe serait-elle passée par là ?) Les dessins sont en noir et blanc, les fonds dans les mêmes couleurs, du rose, du bleu, du vert… Les anecdotes se suivent, se ressemblent parfois, mais remettons bien cette bédé dans son contexte, il s’agit d’un recueil de 52 pages parues dans L’Obs, à raison d’un par semaine, aussi la répétition est-elle parfois nécessaire pour ceux qui prendrait en cours de route.

De ce fait, lire d’une traite cet album peut le rendre plutôt indigeste ou énervant, vous entendrez tellement de fois Esther répéter les mêmes choses, les flèches des dessins désigner ses amies par leur prénoms que vous connaissez depuis la deuxième page, que cela pourra vous sembler lourd. Alors peut-être que vous tenez là un album qui vous fera un an ! Lisez une page par semaine, le dimanche soir par exemple, pourquoi pas, pour vous mettre en joie pour la semaine qui démarre ?

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 10 ans », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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10 réflexions sur “Les cahiers d’Esther – Histoires de mes 10 ans

  1. Je l’avais vu au Grand journal, et je dois admettre qu’il m’a donné très (très) envie de le lire. Comme ta chronique, d’ailleurs. Puis moi qui ne suis pas très BD (en général), une page par semaine, ça me va.

  2. J’avais dévoré les deux tomes de « L’arabe du futur » (pourtant je ne suis pas très BD en général), ton article me donne bien envie de lire « Les Cahiers d’Esther » ! (dommage la librairie est fermée le lundi, je vais devoir attendre !)
    Par contre une page par semaine ça me semble difficile si c’est aussi addictif que « L’arabe du futur  » !
    J’ai lu que Riad Sattouf comptait relater les histoires de cette petite fille jusqu’à ses 18 ans… ! De quoi nous réjouir !

      • J’ai acheté l’album hier, j’en ai déjà lu la moitié environ… impossible de s’arrêter ! Elle est très attachante cette petite Esther, amusante dans ses réflexions et sa compréhension du monde du haut de ses 9 ou 10 ans. Riad Sattouf illustre avec fidélité l’univers de cette petite fille et nous rappelle que la vie d’un enfant n’est pas de tout repos ! On retrouve bien le style des BD précédentes, comme tu le dis, avec les flèches, les couleurs ,les personnages qui se ressemblent un peu parfois aussi (la maman surtout). J’ai hâte de lire la suite !

      • La maman est en fait, je trouve, la grande absente des cahiers d’Esther, là où père et mère étaient très présents dans l’Arabe du Futur… Esther est effectivement très attachantes, mais beaucoup de répétitions à mon goût…

      • C’est vrai qu’on voit peu la maman au final au profit du papa (oedipe ? Elle a encore l’âge ! )
        Les répétitions ne m’ont pas gênée, au contraire, j’avais vraiment l’impression qu’Esther nous parlait ! Mais j’ai lu l’album en plusieurs fois, c’est peut être pour ça aussi.

  3. J’ai aussi pensé à Œdipe (Ou son équivalent féminin, dont je ne sais plus le nom :-))… Le plus fort c’est mon père. Je l’ai effectivement tout lu d’un coup. C’est vrai que Riad Sattouf retranscrit tel quel ce qu’il entend, ce qui rend le témoignage très très très vivant, et agréable.

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