Le stage

Le stage

Par Pascale Perrier

Quand on doit dépasser ses limites. Quand on ne sait plus qui sont ses amis. Et quand la peur vous dévore…
Cinq jeunes rêvent d’intégrer Paris’ Com. LA meilleure école de communication. Ils sont conviés à un stage d’intégration leur permettant de valider leur admission. Mais qui s’attendait à vivre une telle expérience ?

Clémence, Naïm, Maxime, Léa et Vincent sont tous les cinq des recalés à l’admission de la prestigieuse école Paris’com. Accéder aux bancs de cette institution reconnue, dont les rejetons sont chassés par les grandes entreprises. Chacun a un certain nombre de points manquants. Et comme dans un repêchage, on leur offre une seconde chance. Mais si cette seconde chance les entraînaient dans une aventure qu’ils ne contrôleraient plus ? Une expérience pour la plus grande gloire du professeur Jean Soumagne qui se rêve déjà comme le Milgram français, celui que ses pairs admireront et citeront comme un grand découvreur, malgré ses méthodes peu conventionnelles (et c’est le moins qu’on puisse dire…) ? Bachoter n’aura servi à rien pour cette épreuve. Il ne s’agira pas d’être le meilleur, le plus beau ou le plus riche. Qui des cinq ira au bout ? Et si l’un des cinq n’y parvenait pas ?

Le professeur Soumagne est une sommité de la psychologie cognitive, spécialiste des dynamiques de groupes contraints, prêts à sacrifier quelques têtes blondes pour son expérience un peu folle. Si vous avez été scouts, alors ce genre d’épreuve ne vous effrayera sûrement pas. Être abandonné avec votre patrouille au milieu d’une forêt, sans rien, avec pour mission de vous retrouver à un endroit donné à une certaine heure, vous avez déjà donné. Même si on peut critiquer l’exercice. La seule différence peut-être sera votre consentement. Clémence, Naïm, Maxime, Léa et Vincent ne le sont pas vraiment, consentants… Encore que… Peut-être y a-t-il une taupe parmi vous ! Drogués dès la première heure de leur stage, ils se retrouvent groggy dans une clairière, délestés de leurs montres, de leurs téléphones portables (pourtant souvent inséparable d’un adolescent d’aujourd’hui) ou de leurs papiers d’identités. Habillés d’un t-shirt blanc au logo de la prestigieuse école (qui perdra peut-être quelque lettre de noblesse après lecture, fort heureusement, elle n’existe pas…), d’un short, blanc lui aussi ou de simples sous-vêtements, avec un sac, chacun d’une couleur différente, ils vont devoir, ensemble, retrouver leur chemin. Mais les objectifs de chacun ne sont pas les objectifs de tous. La somme des individus ne fait pas le groupe, il est bien plus que ça. Le plus faible n’est pas celui qu’on croit.

Pascale Perrier signe un roman sans aucun temps mort, analysant les réactions des uns et des autres, fouillant comment les différences (quelles soient culturelles, émotionnelles, intellectuelles…) vont rapprocher ou éloigner les cinq jeunes cobayes. Bien qu’imaginaire, ni l’école ni le professeur n’existent, le récit se base sur des recherches fouillées, sûrement sur des expériences et observations analogues, plus que sérieuses, elles. Le point de départ n’est pas sans rappeler quelques films (issus souvent de livres jeunesse) à succès qui enferment dans un enclos, une île, des jeunes ayant pour but de survivre (Battle Royale, Hunger Games ou encore Le Labyrinthe, bien que tous bien plus violents que celui-ci, et n’apportant pas le même éclairage psychologique sur les dynamiques de groupe). Il n’est pas sans rappeler non plus certaines émissions de téléréalité qui mettent en compétition des individus. Que le meilleur gagne !

Les dynamiques de groupe sont passionnantes à étudier. Le professeur Soumagne pousse l’expérience jusqu’au bout, usant de cobayes humains quand certains se contenteront d’observer des souris ou des hamsters.

En parlant de hamsters, mention spéciale à la superbe page de couverture d’Oskar Editeur, jugez par vous-même…

Serez-vous prêts à pousser la porte de la salle 403 et à vous risquer dans ce stage ?

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le stage », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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