La part du colibri

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Par Pierre Rabhi

La terre, être silencieux dont nous sommes l’une des expressions vivantes, recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus : la cadence juste, la saveur des cycles et de la patience, l’espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de vie sont infinies…

L’envie de lire ce livre est venue de Mélanie Laurent et Cyril Dion, suite au visionnage du film Demain qui a fait un tel buzz dans les sphères cinématographiques que plus d’un million de français l’ont vu. Le film, très positif puisque s’inspirant d’initiatives locales enthousiasmantes était soutenu par le mouvement des colibris, que j’avais déjà connu par ailleurs, et dont Pierre Rabhi est l’un des initiateurs. Et puis ce penseur me faisait de l’œil par ses livres aux titres évocateurs.

Pour qui ne connaîtrait pas la légende amérindienne du colibri, Rabhi la rappelle au début de l’ouvrage. Elle est simple, elle est belle, et tout simplement à la portée de chacun.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. »

Fort de cette introduction, nous entrons alors dans une forme d’autobiographie, de sa prise de conscience à la voix qu’il est aujourd’hui. Mots après mots il dénonce ce qui constitue une grande part de notre société actuelle. Il s’indigne et s’attriste devant le lien rompu entre l’homme et la Création, dont nous sommes les enfants, qu’importe que nous soyons croyants ou non (bien que le texte soit fortement imprégné d’une certaine spiritualité).  Ces lignes sont une prise de conscience, des mots sur une impression forte qu’ont sûrement déjà la plupart de ceux qui ont acheté ce livre et ont osé passer la page de couverture. L’heure n’est plus à la prise de conscience, dit-il. Il est temps d’agir. Chacun à sa mesure. Privilégions ce qui est bon et sain, consommons local et de saison, autant de platitudes lues et relues pour éviter des aberrations comme celle qu’il décrit…

Cela éviterait cette anecdote caricaturale pleine d’enseignements, vraie, significative de l’absurdité du système de régulation alimentaire. Dans les années 1980, on a pu voir un camion bourré de tomates quittant l’Espagne pour la Hollande ; dans le même temps, un camion bourré de tomates partait de la Hollande pour livrer l’Espagne. Des circonstances incroyables ont fait qu’ils se sont percutés dans la vallée du Rhône, mêlant pêle-mêle des tomates hollando-espagnoles ! (Page 70)

Cela s’apparente à de l’enfoncement de portes ouvertes, bien sûr. Rien de neuf sous le soleil. Peu de solutions concrètes. Un texte très bien écrit, mais somme toute plutôt creux.

Bien que de plus en plus conscients de cette absolue nécessité de changer, encore trop souvent nous l’oublions derrière une facilité consumériste qui nous fait brûler la chandelle par les deux bouts, sans bien nous en rendre compte ou nous en préoccuper puisque nous ne survivrons pas à notre extinction, qui viendra bien avant celle de la terre qui, elle, saura survivre, même sans nous. Le rythme de la terre ne semble plus être le nôtre. Nous sommes persuadés que notre cerveau pourra tout vaincre, que nous trouverons toujours des solutions, arrogants que nous sommes.

Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation qui n’est pas de produire et consommer jusqu’à la fin de nos vies mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes. (Page 120)

Je m’attendais à un livre positif, j’en suis pour mes frais. Les illustrations de Pascal Lemaitre sont toutes de noir et blanc dans un fouillis de lignes entrelacées et angoissantes, d’ailleurs je les passe vite. Pas vraiment à mon goût. Culpabilité. Ces lignes sont comme une douche froide et poétique nous invitant, chacun autant que nous sommes, à inventer notre part, à nous investir selon nos moyens et nos envies, à changer quelques unes de nos habitudes qui dépassent de loin nos simples besoins premiers auxquels, finalement, nous ne dédions qu’une infime part de nos revenus.

Comment se fait-il que nous n’ayons pas pris conscience de la valeur inestimable de notre petite planète, seule oasis de vie au sein d’un désert sidéral infini, et que nous ne cessions de la piller, de la polluer, de la détruire aveuglément au lieu d’en prendre soin et d’y construire la paix et la concorde entre les peuples ?

Texte d’humilité, Pierre Rabhi nous entraîne à sa suite dans une réflexion éclairée, mais déjà vue, sur nos vies. Et si nous sommes convaincu que cette frénésie n’est pas durable, peut-être pouvons nous, chacun, prendre notre goutte d’eau et tenter d’éteindre l’incendie. Aussi futile que cela puisse paraître.

Finalement cette critique vous paraîtra elle-aussi peut être creuse, tant pis, trêve de mots, sortez de vos canapés, c’est dehors que ça se passe.

Source d’inspiration : le site web du mouvement des colibris, http://www.colibris-lemouvement.org/, une mine d’idées, d’informations…

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « La part du colibri », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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