Guide des égarés

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Par Jean d’Ormesson

Nous ne savons ni pourquoi nous sommes nés ni ce que nous devenons après la mort. Nous sommes tous des égarés.
C’est à la question : « Qu’est-ce que je fais là ? » que s’efforce de répondre ce petit manuel de poche qui n’a d’autre ambition que de décrire avec audace, avec naïveté, avec gaieté ce monde peu vraisemblable où nous avons été jetés malgré nous et de fournir vaille que vaille quelques brèves indications sur les moyens d’en tirer à la fois un peu de plaisir et, s’il se peut, de hauteur.

La vie est une succession de choix nous dit-on, plus ou moins heureux, c’est selon, à chacun de trouver le chemin entre naissance et mort. Jean d’Ormesson propose un rapide guide humaniste à l’usage de tous ceux qui errent préoccupés à la recherche d’un but ou d’un sens et oublient de s’adonner à la flânerie (j’en suis). Sans prétention autre que celle de s’émerveiller les yeux grands ouverts.

« Nous pouvons peut-être, dans les limites que nous savons, choisir notre existence. Nous ne choisissons pas de naître, et rarement de mourir. »

Je lis Jean d’Ormesson trop vite. Vous pourriez me dire que le rapport prix / temps de lecture d’un livre de chez Gallimard est rarement bon, mais je lis tout de même d’Ormesson trop vite. Lire un texte de Jean d’Ormesson c’est se laisser aller à la flânerie sur les bords d’un canal, un jour de soleil, légère brise dans les cheveux. C’est se laisser envahir par la vacuité sur une terrasse, les mots dansant au troisième mojito (ah non, ça c’est Philippe Delerm). C’est sentir une vague de chaleur et d’humanité lentement vous envelopper. Son souci est peut-être qu’il a une tendance à se répéter sur ses champs de prédilection (« Comme un chant d’espérance, chroniqué ici, reprend un certain nombre de ces idées…)

Alors que j’écris cette chronique, le train traverse la campagne. Une brume blanche est accrochée aux brins d’herbe, fine et légère, laissant par endroits place au soleil qui se lève. Qu’est-ce que je fais dans ce train à admirer ces nuages un peu trop bas qui invitent à la rêverie ?

« Plutôt qu’un secret ou une énigme, l’univers est un mystère et notre vie est un mystère.
Que faire? Peut-être vaudrait-il mieux en prendre notre parti ? A quoi bon nous débattre ? Renonçons à connaître ce qu’il nous est impossible de connaître. Fermons les yeux. Profitons d’une existence qui est une sorte de miracle. Soyons heureux. »

Tout ce dont je ne suis pas capable : ne pas m’interroger, juste apprécier.
Lâcher prise.
Sourire.
Être juste là.
Être conscient que j’existe et pas uniquement parce que je pense, n’en déplaise à Pascal.
Inspirer et expirer sans cesse comme une comptine tellement répétée que je n’y songe même plus.

Mille livres nous incitent à cesser de penser, l’homme réfléchit trop. Je pense trop. A tel point que ce qui est délectable dans notre vie -l’amour, la liberté…- en devient incompréhensible et dérangeant parce qu’inexplicable. Je deviens un handicapé de la vie parce qu’on ne m’en a pas fourni le mode d’emploi à la naissance et que je n’accepte pas de mal utiliser ma vie (elle est si courte et pourtant il y a tant de choses a faire). D’Ormesson, comme dans beaucoup de ses textes, nous rappelle que l’on ne peut rien faire d’autre que de son mieux, qu’il faut chaque jour s’émerveiller du miracle d’être là.

« Nous sommes des êtres imparfaits. Il nous faut, vaille que vaille, courir après l’impossible et chérir l’utopie. »

Acceptons nos imperfections, de ne pas tout maîtriser, voire de ne rien maîtriser, ne plus se tourmenter avec ce qui ne trouve pas d’explications à nos yeux… tant que c’est beau.

« Il n’est pas tout à fait sûr que la beauté suffise à sauver le monde de la folie des hommes et de leur génie. Elle le rend en tout cas supportable. Elle le change en bonheur. »

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Guide des Egarés », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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