Ne me dites plus jamais bon courage !

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Par Philippe Bloch

Vous en avez marre d’être rabat-joie, de penser triste, vivre triste, vous habiller triste ? Alors, arrêtez de parler triste ! La vie est belle, mais elle est courte. Chaque instant mérite d’être vécu intensément et apprécié à sa juste mesure. C’est possible, et il était temps de le rappeler. Découvrez dans ce « petit » lexique les douze expressions qui vous pourrissent la vie au quotidien sans même vous en rendre compte, et apprenez à vous en débarrasser au plus vite. Cela fera du bien à tout le monde, et permettra à la sécurité sociale d’économiser des milliards d’euros en antidépresseurs. Mais surtout, cela libérera votre énergie et vous redonnera envie de l’avenir, infiniment plus excitant que vous ne le pensez. De refaire des projets, de rêver grand, de ne plus vous accrocher à un passé révolu. Avoir peur de tout ne sert à rien, ni à personne. Alors mettez à jour votre logiciel personnel et rejoignez le camp des optimistes et des enthousiastes ! Vous le verrez, le bonheur est contagieux et il est à portée de mots…

Au fur et à mesure que se tournent les pages de ce livres aux 12 chapitres (12 expressions) je m’interroge sur l’origine de mon malaise. Est ce parce que ces mots parlent de moi ? De nous français ? Oui, peut-être un peu. Mais il n’y a pas que cela. Parce que je ne me reconnais pas non plus dans la description sombre du citoyen français de Philippe Bloch. Chapitre après chapitre je pense mieux saisir ce qui me dérange. L’auteur voulant créer un électrochoc, certainement salutaire, me critique à chaque phrase. Souhaitant un livre optimiste, il ne parle de moi, français, qu’en termes négatifs. Il semble tomber dans le défaut premier qu’il reproche au français. J’admets, je viens moi même à l’instant d’esquisser une critique négative. Et je partage avec l’auteur au moins une conviction, toute critique sans proposition est stérile (j’arrête de suite ces chroniques !)

Entendons nous bien, je partage son constat sur l’état d’esprit à la française bien éloigné de l’entrepreneur américain. Râleurs, révoltés ou en grève, désolés de la médiocrité des autres et convaincus de notre génie, souhaitant des réformes tant qu’elles ne changent rien pour nous, les clichés de manquent pas, ils sont nourris d’une part de réalité. Je n’irai pas dans la généralisation excessive, d’un côté ou de l’autre de l’atlantique. Si, dans le chapitre « ça ne marchera jamais », Philippe Bloch s’émerveille de l’élection de Barack Obama a la tête des États Unis, inattendue et déjouant tous les pronostics, donnant l’image d’un pays ouvert au changement, les mêmes ont aussi placé à la Maison Blanche il y a peu un milliardaire conservateur qui envisage de construire des murs et fermer des portes… Ne généralisons donc pas et en tout la tempérance.

La France est ce qu’elle est parce que les français sont ce qu’ils sont. Notre protection sociale, nos congés payés, nos syndicats ne sont-ils pas les fruits de notre esprit râleur et critique ? Il ne s’agit pas de tout excuser avec des acquis inusables et inchangeables même si anachroniques. Notre schizophrénie collective (« la France doit se réformer et je veux bien qu’elle le fasse tant que cela ne change rien à ma petite vie peinard et confortable ») est bien énervante tant elle nous englue, quelque soit la réforme, même si nécessaire, celui qui a le courage de la proposer se retrouvent face a des rues pleines et grondantes. Aussitôt la proposition se vide de sa substance (pas question de brusquer son électorat, la carrière politique est à ce prix) et ne fait qu’ajouter une loi sur une pile déjà haute de textes attendant leur application. Ces rues grondantes, desquelles j’ai pu faire partie, nous protègent aussi de changements fort peu souhaitables selon moi. Je ne suis pas aussi libéral que Philippe Bloch qui érige le modèle américain en un exemple à suivre. Il y a d’excellentes idées à piocher dans tous les pays (et pas qu’aux États Unis : la place des femmes en Islande, le modèle carcéral des pays du nord de l’Europe, les PME allemandes…)

Je crois que nous pouvons changer, « râler moins pour vivre mieux », être positifs et enthousiastes, inventer notre France heureuse qui va de l’avant sans pour autant virer vers un libéralisme décomplexé où l’humain est au service de l’économie. Ce n’est pas tout à fait ce que propose l’auteur, qui d’ailleurs ne propose rien, il constate et, une fois passée la douleur de l’uppercut, nous invite à créer et être nous même le changement que nous souhaitons en France (pour paraphraser Gandhi). Cessons de nous apitoyer et d’attendre que tout tombe tout cuit en ressassant les mêmes rengaines chaque repas avec les collègues (je paraphrase à nouveau, mais cette fois ci John Fitzgerald Kennedy, « ne vous demandez pas ce que la France peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour la France »), concentrons nous sur demain. Rien ne sert de se plaindre si nous ne tentons rien d’autre, nous sommes tous acteurs, et comme le dit fort justement Woody Allen « l’avenir m’intéresse, car c’est là où j’ai l’intention de passer le reste de ma vie« .

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Ne me dites plus jamais bon courage ! », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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2 réflexions sur “Ne me dites plus jamais bon courage !

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