Les voyages d’Ulysse

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Par Emmanuel Lepage, Sophie Michel & René Follet

Ne t’imagine pas que tes informations valent de l’or. Je n’ai pas l’intention de t’offrir une croisière… Une toile par semaine tant que tu seras sur mon bateau. C’est d’accord ?

Si vous avez bien suivi les Voyages d’Anna (chroniqués ici), alors l’histoire commence au milieu de la précédente. Jules Toullet, peintre de son état, a perdu sa muse et compagne, Anna. Errant dans l’Istanbul de la fin du 19ème siècle il multiplie les conquêtes et peine à retrouver l’inspiration qui était la sienne.

Las, il cherche un bateau sur lequel embarquer ; « Des semaines que je traine dans cette ville. J’en connais les rues, les places, les quais… les charmes. J’ai besoin d’autre chose. Je veux partir. » Mais Jules Toullet ne sait pas faire grand chose d’autre que peindre, et sur un navire, cela ne fait pas vraiment partie des compétences recherchées aussi butte-t-il sur de multiples refus.

Les voyages d'Ulysse - Emmanuel Lepage - Page 16 - 17

Les voyages d’Ulysse – Emmanuel Lepage – Page 16 – 17

Endormi sur un ponton, la pluie tombe, une femme sur le pont de l’Odysseus interpelle le peintre et l’invite à se mettre à l’abri. Etonnante capitaine, Salomé est passionnée par l’art et plus particulièrement un certain Ammôn Kasacz avec qui elle semble avoir eu une relation ambigüe que Toullet ne comprend pas. En échange de quelques informations et d’une toile par jour, la capitaine l’invite à son bord à la poursuite du peintre disparu.

Les voyages d'Ulysse - Emmanuel Lepage - Page 14

Les voyages d’Ulysse – Emmanuel Lepage – Page 14

D’Alexandrie à Gibraltar ; d’Athènes à l’Île de Santorin le navire poursuit sa route dans les ports et dans le temps. Au fil des escales la ténébreuse Salomé se dévoile en contant son enfance et son adolescence heureuse, sa rencontre avec Ammôn Kasazc, la mort de sa mère, son mariage, la naissance de son enfant… Sur l’Odysseus l’œuvre d’Homère homonyme n’est jamais loin, lue le soir par Salomé aux marins. Et comme dans l’Odyssée, le bateau semble voguer sans but, sans bien savoir où il va et sans jamais pouvoir revenir à son point de départ (mais je ne connais pas suffisamment l’œuvre du poète grec pour y voir d’autres similitudes avec la bédé). Le récit de l’Odyssée est lui aussi mis en dessin par Emmanuel Lepage ou René Follet dans deux styles complètement différents.

Les voyages d'Ulysse - Emmanuel Lepage - Page 7

Les voyages d’Ulysse – Emmanuel Lepage – Page 7

Au contraire des Voyages d’Anna qui les précédaient, les Voyages d’Ulysse prennent leur temps dans un format de 221 pages denses et magnifiques. Les personnages et situations sont habilement posés, sans temps morts ni lassitudes, jouant avec le temps comme avec l’espace, les trois auteurs créent un album qui a dû demander un travail artistique titanesque. Comme souvent chez Lepage, chaque case est une œuvre d’art qui arrête le regard et invite à l’évasion, les tons sépias souvent choisis pour la couleur renforce l’idée d’une nostalgie qui entoure les deux personnages principaux, l’un à la recherche de son amante, l’autre de celui qui lui fera voir sa mère une dernière fois.

Les voyages d'Ulysse - Emmanuel Lepage - Page 35

Les voyages d’Ulysse – Emmanuel Lepage – Page 35

Mêlant habilement l’Odyssée aux souvenirs de Salomé et au temps présent de Jules et Anna, Sophie Michel au scénario ne fait pas d’impair en laissant la part belle aux textes d’Homère. René Follet peint les tableaux d’Ammôn Kasacz. Certains sont repris d’un ouvrage publié chez Dargaud en 1971, d’autres ont été spécifiquement réalisés pour l’album. Encore une fois le travail de l’éditeur, et la confiance de celui-ci dans le trio, est sûrement une des clefs de la réussite. Vous verrez trop peu d’albums aussi aboutis et magnifiques…

Si vous n’aviez pas d’idée de cadeau de Noël, en voilà une toute faite.

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Les voyages d’Ulysse », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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