Le Spirou de… – La lumière de Bornéo

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Par Franck Pé & Zidrou

« Zooïsme ». Apprenez à vous familiariser avec ce mot car les amateurs d’Art n’ont que lui à la bouche.

Je ne crois pas avoir lu quoique ce soit de Franck Pé par le passé. Grave erreur que voilà partiellement réparée. Ce « Spirou de… » fait la part belle à son dessin, surtout animalier.

Dès les première pages, je sens que plusieurs intrigues vont se croiser, comme c’est souvent le cas dans les albums de Spirou. Il y a d’abord ce début dramatique dans la réserve naturelle de Kituri, au Mozundu (ne cherchez pas dans un atlas, c’est un peu comme la Palombie). Puis il y a Spirou qui, de colère, claque la porte du Moustique pour divergences de vues avec la nouvelle rédactrice en chef qui souhaite que Fantasio et lui retouche leur dernier article sulfureux sur la construction d’un méga-barrage sur le Rio Soupopoaro, un peu trop critique à l’égard d’une multinationale qui apporte beaucoup d’annonceurs au journal, dont les couches Kussek. Le comte de Champignac n’est pas en reste, puisqu’il découvre une étonnante invasion d’un champignon noir qui n’existe pas… et disparaît aussi vite et mystérieusement qu’elle est apparue. Enfin il y a ces toiles magistrales livrées anonymement à la galerie Bernard de Bruxelles dont personne ne connaît l’auteur. Je me doute bien que ces intrigues vont se croiser à un moment ou un autre.

Le Spirou de... La lumière de Bornéo - Franck Pé - Page 10

Le Spirou de… La lumière de Bornéo – Franck Pé – Page 10

Et c’est bien le cas des deux premières et de la dernière. Pour la troisième en revanche, ne cherchez pas, je ne trouve pas de lien de mon coté, si vous en voyez un, n’hésitez pas à m’en faire part. La petite fille de la première intrigue n’est autre que Fauvette, la fille de Noé, le génial dompteur d’animaux du Circo Mondo qui était déjà apparu dans un album de Franquin. Sa grand-mère canadienne envoie la jeune fille en France alors qu’elle-même est souffrante (quelques expressions québécoises succulentes à la clef, mais finalement assez peu). Noé est plus à l’aise avec les animaux qu’avec les hommes et ne sait comment se dépatouiller avec cette fille tombée d’avion sans valise (eh oui, cela arrive qu’une valise se perde…) Spirou, nouvellement chômeur avec la ferme intention de ne rien faire sinon du jardinage, de la peinture et des visites de musée, gagne le droit de s’occuper de Fauvette qui ne fait que râler, triste que son père ne s’occupe pas d’elle.

Le Spirou de... La lumière de Bornéo - Franck Pé - Page 15

Le Spirou de… La lumière de Bornéo – Franck Pé – Page 15

Noé a dressé Bornéo, un Orang-outan, déprimé depuis la mort de sa belle, qui peint des toiles qui font frémir les plus grand critiques d’art que le cheik Ibn-Mah-Zout et el Señor Rastrillo y Platañes, deux incultes mécènes, s’arrachent entre insultes et liasses de billets indécentes qui font sourire le directeur de la galerie Bernard. Quand l’identité de l’auteur des toiles est révélé au grand jour, tout bascule.

Spirou se fait un peu plus vieux, même si ses traits ne le trahissent pas. Il porte des lunettes et a lâché son uniforme de groom anachronique pour des t-shirts -toujours rouges- et des jeans. Si une possible relation amoureuse entre Spirou et Fantasio est évoquée par ceux qui ne les connaissent pas, elle est vite effacée par la prof de dessin de Spirou qui prend un malin plaisir à le draguer. Il pourrait conclure s’il voulait, enfin, raccrocher son costume d’aventurier pour une vie plus rangée.

Le scénario pourrait tout à fait se dérouler sans lui, il n’est qu’un fil rouge, catalyseur entre les différents personnages (à part celui de Champignac dont je me demande ce qu’il fait là…), si ce n’était la fin où il parvient à mettre tout le monde d’accord.

Le dessin de Franck Pé, est superbe. Il semble bien que le règne animal soit un de ses domaines de prédilection. Je n’ai pas trouvé d’images des toiles de Bornéo, aussi je me contenterais de celle-ci lorsque l’illustrateur, à Quai des Bulles à Saint-Malo, réalisait une fresque reprenant les personnages de l’album…

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Si c’est d’Art et de Beau dont cet album nous parle, c’est particulièrement réussi. Un excellent Spirou, plus dans la lignée de ceux de Tome & Janry que dans l’esprit de celui d’Emile Bravo (ici), qui me donne envie de découvrir l’univers de Franck Pé, et de le prier de reprendre ses pinceaux pour d’autres aventures de Spirou & Fantasio comme le laisse entendre l’une des dernières répliques de Spirou expliquant à Noé que lui et son acolyte avaient à faire avec un barrage sur le Rio Soupopoaro et une multinationale chinoise !

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le Spirou de… La lumière de Bornéo », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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