Le garçon au sommet de la montagne

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Par John Boyne

A l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, Pierrot vit à Paris avec ses parents, ignorant tout des nazis. Devenu orphelin, il est emmené chez sa tante, en Allemagne, dans une maison au sommet d’une montagne.
Ce n’est pas une maison ordinaire.
Le Berghof est la résidence d’Adolf Hitler. Pierrot va découvrir là un autre monde, fascinant et monstrueux.

Il y a dix ans, John Boyne publiait « Le garçon au pyjama rayé » (ici), l’histoire d’un garçon allemand qui se lie d’amitié avec un jeune juif interné dans l’un des camps de la mort, celui où, précisément, son père est responsable. A nouveau l’auteur prend le parti d’un narrateur enfantin qui se trouve plongé dans un monde qu’il ne comprend pas, qu’il ne peut d’ailleurs pas comprendre. Qu’est-ce que le bien ? Qu’est-ce que le mal ? Innocent à Paris, il a un ami juif dans l’appartement d’à-coté avec qui il partage tout, ils écrivent des histoires ensemble. Pierrot raconte, Anshel, muet, écrit. Ils ont inventé un mode de communication rien qu’à eux.

Le père de Pierrot est allemand, sa mère est française. Le premier a combattu lors de la Grande Guerre. Même s’il en est revenu vivant, Emilie, la mère, n’en démord pas, c’est la guerre qui l’a tué, il n’en est jamais revenu vraiment entier. Lorsque la mère de Pierrot meurt quelques années plus tard, à l’aube du second grand conflit mondial, Pierrot est recueilli un moment par la mère d’Anshel avant d’être envoyé dans l’orphelinat des sœurs Durand. Rapidement la tante de Pierrot se fait connaître. L’enfant est placé dans un train, direction l’Autriche où Beatrix vient le chercher sur le quai de la gare de Salzbourg, dans une grosse voiture avec chauffeur.

Il se réveille le lendemain dans une grande chambre, ses habits brûlés, une foule de domestique autour de lui qui ne s’occupent pas de lui, ils le tolèrent. Beatrix est gouvernante au Berghof… Lorsque vient Hitler, fraichement élu dictateur, le jeune garçon, qui a changé de prénom, Pieter, pour le rendre plus germanique, craint et admire cet homme à la petite moustache qui, très vite, endosse sans bien le vouloir, le rôle de modèle masculin qui lui manquait depuis la fuite de son père.

Avec naïveté et douceur, John Boyne nous raconte la transformation de Pierrot en Pieter. Une transformation que constatent, impuissants, ceux qui l’entourent, effrayés de ce jeune garçon qui porte avec fierté l’uniforme des Jeunesses Hitlériennes, qui, progressivement, oublie tout de son ancienne vie, l’enfouit dans un recoin de sa mémoire, devenant inavouable face à cet homme que l’Histoire jugera comme ignoble.

Notre connaissance collective de l’Histoire, la grande, que Pierrot ne connait pas encore, nous fait frissonner face aux agissements de Pieter dont lui-même ne perçoit pas les conséquences. Lentement, il se coupe de tous ses proches pour ne garder que son modèle, son Dieu, le seul qui vaille la peine d’être suivi.

Lentement, le jeune parisien va changer, jusqu’à se réveiller un matin, dans une maison vide, comme on se réveille d’un cauchemar, perdu…

Le garçon au sommet de la montagne joue sur nos cordes sensibles. Pierrot est manipulé, influencé, ce qu’il fait et dit n’est pas vraiment lui. Je m’attache à ce garçon quand j’avais plus de mal à le faire pour Max de Sarah Cohen Scali (par ). La narration enfantine en fait un livre gentil où le ton tranche avec l’histoire, dure et inévitable, qui se lit très vite, les yeux grands ouverts d’effarement devant la malléabilité de la personnalité de l’enfant.

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le garçon au sommet de la montagne », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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