Aliénor Mandragore – #1 – Merlin est mort, vive Merlin – #2 – Trompe-la-mort

alienor-mandragore

Par Séverine Gautier & Thomas Labourot

« La légende dit qu’au moment où l’on déterre une racine de Mandragore, elle pousse un cri si puissant qu’il tue le premier être vivant qui l’entend. »

#1
Dans la paisible forêt de Brocéliande, la jeune Aliénor suit l’enseignement druidique de son père Merlin, jusqu’au jour où l’enchanteur est tué, terrassé par le terrible cri d’une racine de Mandragore. Mais Merlin n’entend pas rester mort bien longtemps, Aliénor pourra-t-elle le tirer d’affaire ?

#2
Depuis que le druide Merlin est mort, tué par le cri d’une racine de Mandragore, il n’a de cesse de chercher une façon de revenir à la vie. Sa jeune fille Aliénor, responsable malgré elle de sa mort, s’est juré de tout faire pour trouver un moyen de repousser l’Ankou qui veut emporter l’âme de Merlin dans l’au-delà.

Une aventure décapante d’Aliénor Mandragore, qui nous plonge avec humour dans la forêt de Brocéliande.

Un jour d’avant Noël, perdu sans autre but que de passer un bon moment dans ma librairie (voilà que je m’approprie des lieux qui ne sont pas miens…), j’avisais deux clients discutant à mes côtés du dernier Rapport de Brodeck de Manu Larcenet. Pris d’une soudaine inspiration, envie de faire le malin ou les trois réunis je leur demandais, comme j’avais vu maintes fois le faire avec le sourire par mes libraires : « Vous cherchez quelque chose de particulier ? ». Après un court moment d’étonnement où l’homme dit que non tout va bien, la femme m’interroge. « Nous cherchons une bande dessinée pour une petite fille de 8 ans. »

Pourquoi ne m’étais-je pas abstenu ? Après tout, je n’avais aucune raison de proposer mon aide. Et autant les bandes dessinées adultes je connais tout le rayon, leurs versions enfant je ne maîtrise pas du tout, alors en plus féminin… Bafouillant quelque chose mais ne souhaitant pas fuir (j’ai ma fierté quand même !), je plonge dans les rayonnages et feuillète « Qu’a-t-elle déjà lu ? Quel style ? » Peu à peu ça s’affine et je tombe sur cette série des éditions Rue de Sèvres, plutôt gage de qualité et d’originalité en BD. Aliénor Mandragore. « Oh, ça tombe bien, en plus elle est bretonne. » (personne n’est parfait !) Le choix est fait, et, visiblement satisfaits de mes conseils improvisés, le couple repart avec quelques idées de bandes dessinées adulte, et, soulagé, je rentre chez moi farcir la dinde (il dit qu’il ne voit pas le rapport).

Bref, ceci étant dit, ma vie étalée au grand jour sur la toile indiscrète, je décide tout de même de ne pas mourir ignorant et de me plonger, moi aussi, dans ce que j’avais conseillé un peu par hasard (mais pas que).

Aliénor Mandragore - Merlin est mort, vive Merlin - Thomas Labourot - Page 12

Aliénor Mandragore – Merlin est mort, vive Merlin – Thomas Labourot – Page 12

Thomas Labourot & Séverine Gautier (que nous avions déjà retrouvé dans l’homme montagne ici ou dans le très poétique Couette, ), couple dans la bande dessinée comme à la ville, s’attaque à une légende que l’on pourrait croire mille fois traitée dans des albums, de romans, des films, d’animation ou non : Merlin l’Enchanteur, la Forêt de Brocéliande et sa faune étonnante et magique. Même si Merlin n’est pas le personnage principal de la série (puisque son adolescente de fille prend le rôle), il est omniprésent, pas toujours physiquement puisque dès les premières planches l’étourdie Aliénor déterre une racine de Mandragore (oui oui, la même que celle d’Harry Potter, même si Merlin la connaissait sûrement bien avant le professeur Chourave) dont le cri tue le père. Les auteurs donne à Merlin l’image d’un vieux grand père, des fleurs plein la tignasse, féru de champignons à en faire pâlir le comte de Champignac. Aliénor suit l’enseignement de son père, blasée, adolescente quoi… Merlin, étourdi et passionné, en vrai chercheur, en oublie sa fille qui va flâner aux alentour jusqu’à trouver la fameuse racine.

Aliénor Mandragore - Merlin est mort, vive Merlin ! - Thomas Labourot - Page 16

Aliénor Mandragore – Merlin est mort, vive Merlin ! – Thomas Labourot – Page 16

Mais Merlin ne veut pas en rester là. La mort c’est tout de même un peu ennuyant. Quoiqu’en dise l’Ankou, il ne tient pas à se laisser emporter. Et quoiqu’en dise Morgane, ennemie jurée de Merlin et fée de son état, il ne tient pas à se laisser enterrer comme ça sans rien faire. Il doit bien y avoir un moyen. C’est Aliénor, abattue d’avoir tué, même si ce n’est que par inadvertance, son père, qui suivra l’enseignement de la fée pour trouver le filtre qui le ramènera à la vie. Viviane et Lancelot du Lac mettront la main à la patte, lassée que Merlin, toujours un peu amoureux de la première visiblement, cesse de hanter le lac sur lequel elle règne.

Aliénor Mandragore - Merlin est mort, vive Merlin ! - Thomas Labourot - Page 13

Aliénor Mandragore – Merlin est mort, vive Merlin ! – Thomas Labourot – Page 13

Dans le tome 2, accompagnée de Lancelot du Lac, pas valeureux chevalier, Aliénor va chercher un nouveau moyen de ramener son père à la vie (quand on a une idée en tête !) Sur les montagnes d’Arrée, en centre Bretagne, royaume de l’Ankou, les deux enfants vont courir après la prophétie d’une Viviane illuminée, affrontant l’Ankou, des dragons, des grenouilles et un tremblement de terre. Tout ça pour un champignon, le Trompe-la-Mort. Que ne ferait-on pas pour retrouver un être cher ?

Aliénor Mandragor - Trompe-la-Mort - Thomas Labourot - Page 9

Aliénor Mandragor – Trompe-la-Mort – Thomas Labourot – Page 9

Les deux auteurs dépoussièrent un mythe qui  a pu bercer votre enfance, donnent un coup de jeune à une légende que tous connaissons, du moins de nom, et dont nous connaissons tous les protagonistes. Le dessin de Thomas Labourot, expressif et plein de douceur, avec des couleurs vives vous entraîne en pleine forêt de Brocéliande. Les couvertures des deux albums sont très réussies, ne révélant rien de l’intrigue sinon un trait marrant, une jeune fille espiègle et beaucoup de nature pour le premier, un peu plus d’aventure pour le second. Le scenario est truffé d’humour et de clins d’oeil parfois anachroniques dans un style léger et plaisant qui vous entraîne facilement. Je regrette que, dans le premier tome, le rythme soit parfois un peu inégal. Défaut rattrapé dans le second tome que je ne lâche pas du début à la fin.

Aliénor Mandragore - Trompe-la-Mort- Thomas Labourot - Page 11

Aliénor Mandragore – Trompe-la-Mort- Thomas Labourot – Page 11

Il ne serait pas juste de parler d’Aliénor Mandragore sans parler du travail de l’éditeur, Rue de Sèvres. Le papier est épais et extrêmement agréable, les finitions sont parfaites, allant même jusqu’à orner les numéros de pages de quelques fioritures. Chaque personnage est présenté en début d’album et les quatre dernière pages sont réservées à l’écho de Brocéliande, le mensuel local qui fait la part belle aux dernier événement survenus autour du petit village. Rue de Sèvres avait poussé l’idée du journal dans ses plus grands retranchements avec le château des étoiles d’Alex Alice (ici).

Une belle série, agréable donc, qui conviendra parfaitement aux jeunes filles de 8 ans… Je ne m’étais pas tant que ça trompé, j’espère que la jeune fille ayant reçu le premier tome sera de mon avis…

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Aliénor Mandragore », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

Si cette chronique vous a plu, n’hésitez pas à « suivre » ce blog en indiquant simplement votre adresse e-mail ci-dessous (aucune création de compte nécessaire).

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