Le cœur a ses raisons que seules les pommes comprennent…

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Par Laurent Moreau

La romance d’été peut-elle durer plus longtemps que le jour le plus long ? Y a-t-il un âge pour tomber amoureux de sa voisine de serviette ? Pourquoi a-t-elle focalisé sur ce garçon alors que je suis là en train de lui faire des signes ? Peut-on se reconstruire comme un château de sable après un divorce qui nous effondre ?

Alors que la Saint-Valentin a refermé ses portes depuis quelques jours, je termine la lecture de ce texte de Laurent Moreau, le second après « Moi, Benjamin V., 33 ans l’âge du Christ et toujours pas miracle en vue » (ici) auquel Sophie, l’une des protagonistes fait allusion dans les dernières pages… parce que pour elle le miracle a opéré.

Encore une fois Anaïs n’est pas loin et ça dégouline d’amour… Il vous faudra passer les premières pages et les débuts de ces quatre personnages paumés.

Il y a le veuf depuis 10 ans qui est entré depuis peu dans la case des octogénaires jouant à la pétanque sur la place du village et se chicanant pour chaque millimètre les rapprochant du cochonnet. Alexandre râle sans cesse, aigri qu’il est d’une vie de solitaire qu’il exècre et entretient en même temps, envoyant chier son fils dans les cinq minutes de l’appel téléphonique mensuel, poli et obligé (on ne sait jamais, des fois que l’héritage ne soit pas loin ?), il boit son café en terrasse, commentant toute la vie locale Grancampeseraise (il faut le chercher !) en de petites remarques acerbes et désabusées.

Sophie est une trentenaire embauchant le matin pour des patrons qui louent son génie sans jamais pouvoir l’avoir ; et pourtant nombreux sont ceux qui l’ont eue, la Sophie, quand elle débauche le soir à partir de 17 heures avec ses copines de cocktails écumant la nuit parisienne, se réveillant le matin dans les bras d’un autre qui s’en va la queue entre les jambes avant même le petit déjeuner. Sexe 1, Cœur 0…

Stanislas est un ado geek puceau et boutonneux pour qui la vie sociale se résume aux repas familiaux ou aux commentaires de ses amis virtuels aux noms fleuris sur les forums de jeux vidéos. Jambes de moustique et confiance en berne, il n’est pas prêt de rencontrer l’amour des films américains, même s’il ne croit qu’au romances Walt Disney où à la fin ils se marient…

Magalie quant à elle est une larguée d’un homme qui a préféré à sa peau flétrie de presque cinquantenaire celle d’une toute jeune presque sortie des magazines… Deux enfants, plus d’espoir de rencontrer un jour quelque chose qui pourrait s’apparenter à de l’amour, et des amis de vingt ans qui lui servent de béquilles quand elle râle et se plaint (une minute sur deux…), telle une Caliméro bien franchouillarde.

Une belle bande de bras cassés comme nous le sommes tous un moment ou un autre, au fond d’un trou, du moins nous le pensions, jusqu’à ce que l’on découvre que l’on peut encore creuser. Vous avez tous connus ces amourettes de camping, de colo. Sous la tente, dans la caravane avec les parents jamais loin et cette fille qui vous fait de l’œil. Les vacances sont peut-être le meilleur moment pour étreindre parce qu’il n’y a pas vraiment d’enjeu. On sait que cela finira… Du moins c’est ce que nous pensons. A part Stanislas, c’est ce qu’ils pensaient tous.

Les quatre histoires se déroulent en parallèle sur le mois d’août, en Normandie. Elles ne se croisent jamais, j’aurais apprécié qu’elles le fassent un peu, mais finalement c’est ainsi que cela se passe dans la vie qui n’est pas sur Facebook. Les gens qui ne se connaissent pas ne se croisent pas toujours, il faut un événement, parfois insignifiant, pour que les yeux se rencontrent. Chaque histoire est une nouvelle en elle-même, elle aurait pu ne jamais rencontrer l’autre, l’une peut vous toucher, l’autre moins, vous aurez votre chouchou. Pourtant elles s’entremêlent d’un chapitre à l’autre, seul l’ordre des narrateurs changeant.

Laurent Moreau, avec son style dynamique et légèrement décalé (quoique je l’ai trouvé bien assagi depuis Moi, Benjamin V.), maniant sans répits les jeux de mots parfois capilotractés, les figures de style et écrivant comme il pourrait vous raconter son histoire, nous entraîne dans ces quatre amourettes estivales sans espoir car sûrement sans lendemain. Mais, finalement, qui peut prédire que tout ça, tout ce bonheur de bord de plage, n’est qu’une parenthèse qui prendra fin quand les vacances s’évanouiront dans un dernier verre ?

L’histoire de Benjamin m’avait peut-être plus touchée parce que je me sentais plus proche de lui, par l’âge et la situation certainement. Cela n’enlève rien au plaisir de lire ces tranches de vie pétillantes et tellement réalistes qui, encore une fois, sont d’excellents moments de détente, sur une serviette, le sable entre les orteils…

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Le cœur a ses raisons que seules les pommes comprennent… », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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