Au fil de l’eau

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Par Juan Diaz Canales

Dans l’Espagne contemporaine marquée par la crise, Niceto et ses compagnons retraités arrondissent leur fins de mois en commettant divers petits délits.
Leur quotidien prend une tournure réellement inquiétante lorsque les amis de Niceto meurent les uns après les autres, dans des circonstances de plus en plus étranges et violentes…
Quand ce dernier disparaît à son tour, c’est une véritable course contre la montre qui démarre pour son fils et son petit-fils.
Mais qui peut bien en vouloir à cette bande de vieillards ? Et si Niceto en savait plus qu’on ne le croit ?

Le one-shot de Juan Diaz Canales, plus connu comme scénariste que comme dessinateur (et c’est suffisamment rare qu’un scénariste s’attaque au dessin, quand l’inverse l’est moins, pour le souligner…), commence comme une chronique sociale dans l’Espagne exsangue et en perte de repères. Niceto et sa bande vieillards arrondissent leurs fins de mois de larcins qui ne plaisent pas vraiment aux plus jeunes qui voient d’un mauvais œil cette concurrence du troisième âge. Vous pourriez attendre une chronique rappelant les Vieux Fourneaux. Arrêtez-vous là ! Le ton est sombre comme le dessin à l’encre de Chine, tout en noir et blanc, presque oppressant. Niceto sort toujours du commissariat sans plus de poursuite… Son petit-fils est ami avec l’une des policières. Ça aide…

Au fil de l'eau - Juan Diaz Canales - Page 11

Au fil de l’eau – Juan Diaz Canales – Page 11

Alors que les amis du vieil homme commencent à mourir dans des circonstances étranges, l’album prend la tournure d’un thriller. La génération qui suit s’inquiète de ces disparitions et tente d’enquêter, sans comprendre ce qu’il se passe. Les vieux non plus. Alvaro, le petit-fils, bientôt papa, et Roman, le fils, légiste à l’aube de la retraite tente de discuter avec le grand-père, sans grand succès. Le second s’est depuis longtemps éloigné de son père. Trop catholique qu’il est pour un père révolutionnaire. Le second idéalise ce grand-père qui a combattu, un héro… Ils nourrissent tous les trois leurs désillusions dans les quartiers populaires de Madrid où l’Espagne d’en bas, les classes moyennes, regardent leur vie emportée par la crise, de plus en plus pauvres.

L’histoire devient alors l’histoire de cette famille, de ces quatre générations (l’une en devenir, le ventre arrondi de Diana, la compagne d’Alvaro) et du temps qui passe, inexorablement.

Au fil de l'eau - Juan Diaz Canales - Page 20

Au fil de l’eau – Juan Diaz Canales – Page 20

Sous ses dessous de thriller, je pense lire plutôt une chronique sociale. Les trois éléments de l’histoire ont beaucoup de difficultés à m’emporter. La narration est un peu molle, et je délaisse régulièrement l’album qui ne parvient pas à me passionner. Le dessin est superbe. Les décors sont très travaillés, les personnages (même s’il y en a tant qu’il est difficile de s’y retrouver) très expressifs. Mais cela ne parvient pas à sauver ma lecture qui n’en est pourtant pas désagréable.

Malgré la centaine de pages de l’album, Diaz Canales ne parvient pas à aller en profondeur avec ses personnages. Peut-être a-t-il voulu mélanger trop de sujets dans une même histoire, un projet très ambitieux qui me donne une impression d’incomplétude. N’en déplaisent à mes impressions, l’exercice est une chronique qui nous interroge sur nos rapports à la vieillesse, à la pauvreté.

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Au fil de l’eau », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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