Il y a un robot dans le jardin

Par Deborah Install

Ben n’arrive à rien : ni à garder un job, ni à sauver son couple, ni a vider les poubelles. Profitant de l’héritage de ses parents, il regarde doucement passer le train de sa vie. Un gentil loser, en somme.

Jusqu’au jour où il découvre un robot sans son jardin. Un adorable petit machin de ferai le et de boulons, incapable d’expliquer les raisons de sa présence chez lui mais qui, visiblement, a besoin d’être réparé. Génial ! Ben a trouvé un sens à sa vie !

Pour Amy, son épouse, c’est la lubie de trop ; la jeune femme fait ses valises. Des lors Ben se retrouve face à Tang, mais surtout face à lui-même. En compagnie de son nouvel acolyte, il se lance dans une quête à travers le monde afin de retrouver son propriétaire. Tendre et malicieux, drôle et volontaire, Tang apprend vite. Et si, sous le vernis écaillé de l’intelligence artificielle, se cachait un vrai coeur ? Et si, au bout du chemin, Ben trouvait bien plus que ce qu’il croyait chercher ?

Entre Wall-E et Le bizarre incident eu chien pendant la nuit, Il y a un robot dans le jardin est l’un de ses livres faussement légers que l’on ne peut que chérir. Aussi drôle, charmant et féroce que son petit héros, ce « road-novel » déjanté n’a pas finit de vous surprendre.

Oui, il y a un robot dans le jardin de Ben et Amy, tranquillement installé sous le gros arbre à regarder les chevaux du pré voisin. Il était sûrement entré la par le portail cassé de devant, celui qui donne sur la rue. Celui qu’Amy exhortait Ben à réparer, en pure perte tant l’apathie du trentenaire était plus forte que tout ce qui pourrait le pousser vers l’avant. Ben considère l’apparition de cette boîte de conserve rouillée et en piteux état comme un non événement qui ne pouvait le détourner de son programme quotidien : rien (c’est déjà quelque chose !) Amy ne l’entend pas de cette oreille. Hors de question qu’un tas de ferraille enlaidisse plus qu’il n’était le pavillon de banlieue. La vieille Honda Civic de Ben n’avait pas le soit de séjour dans l’allée, il n’y aurait pas d’exception pour ce robot juste bon pour la déchetterie.

Les premiers échanges entre Ben et le robot sont à peine mono-syllabiques. Rien à en tirer. Que fait il là, d’où vient il, qui sont ses propriétaires ? Rien encore. Un plaque usée, sur le cul du robot, révèle quelques maigres indices. La tête entière de Ben est occupée par la carcasse métallique du robot qui choisit le nom de Tang. L’éditeur nous l’a déjà dit, Amy, excédée de l’immaturité de son mari jette l’alliance et se réfugie chez la sœur du nouvel ex. Sa meilleure amie (on fait plus simple comme situation conjugale certainement).

Page après page la générosité de Ben va révéler l’humanité de Tang. Regroupant les quelques indices qu’il a, ayant déjà tout perdu, il s’embarque autour du monde pour retrouver le créateur de Tang. Le petit robot est cassé. Un cylindre fuit à l’intérieur, fissuré. Il lui d’autres des soins. A son image Ben est aussi fissuré à l’intérieur. Il a besoin d’ailleurs.

« A ce stade, je dois avouer que je n’aurais jamais imaginé traverser les États-Unis au volant d’une Dodge Charger, en compagnie d’un robot vintage et d’un teckel radioactif. Mais la vie est pleine de surprise qu’il vaut mieux ne pas contester. »

Les premiers indices ne mènent qu’à des impasses. Un petit chemin de traverse fait chaque fois rebondir l’enquête de Ben et Tang qui, peu à peu, s’apprivoisent et s’apprécient, entre la Californie, le Texas, le Japon et enfin la Micronésie. Comme dans tout bon road-trip, les rencontres, d’un soir ou plus, vont toutes révéler quelque chose de Ben ou Tang.

Ne vous attendez pas à un précis de robotique, ni même à des informations scientifiques précisent et détaillées. Deborah Install assume. Ce n’est pas le but du roman qui se concentre sur la relation entre Ben et Tang. Tang est un peu l’enfant que Ben n’a jamais voulu. L’auteur manie l’absurde et la drôlerie aussi bien que la tendresse. Ce roman fait du bien sans se priver de nous interroger sur nos conforts et nos priorités quand tout semble réglé comme du papier à musique dans nos vies, que chaque lendemain est le même que la veille. Que ferions nous si un imprévu venait bouleverser tout cela ? Que serions nous prêt à sacrifier ?

Deborah Install s’aventure avec humour dans les thèmes difficiles du deuil, de la filiation, de l’image de l’autre ou de l’amour et nous entraîne, main dans la pince de Tang, à la rencontre du grain de folie qui sommeille encore en nous.

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Il y a un robot dans le jardin », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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