La France sur le pouce

Par Olivier Courtois & Phicil

« A quoi ressemblera le prochain automobiliste ? »
De Bayonne à Brest, de Dunkerque à Nice, de Charleville-Mézières à Marseille, je me suis posé chaque jour cette question des dizaines de fois.
Et à chaque fois aucun conducteur ne ressemblait à un autre, aucune histoire n’était la même.
Ce tour de France en stop est le récit réel d’un voyage humain et géographique.

Olivier Courtois est journaliste. Ou plutôt était, si journaliste définit le métier et non la personne. Marre d’une vie sédentaire, séparé d’une foule de beaux souvenirs avec une fille, las de la norme dans laquelle sans être parfaitement heureux, il n’était pas malheureux, et c’était déjà bien comme ça, il décide de s’ouvrir à d’autres ailleurs et à utiliser ses pouces autrement que pour écrire des textes sur son téléphone qui de toute façon ne sonne pas.

La France sur le pouce – Courtois & Phicil – Page 6

Sur la route il devient nomade, la montre n’a plus aucune utilité puisque personne ne l’attend nulle part, puisqu’il sera le passager éphémère de centaines d’automobilistes qui lui ouvriront leurs portes et l’avanceront de quelques kilomètres ou plus. Parfois ils n’ouvrent pas que les portes de leurs voitures mais aussi celles de leurs maisons. Mais surtout, ils ouvrent grand leur cœur. Comme si le français perdu sur les nationales et les départementales avait besoin de parler. Comme si cet inconnu, rencontré là sur le bord de la route, était l’oreille qui recueillerait les joies des uns et les peurs d’autres. Mal à l’aise à se raconter il préfère écouter.

« Les relations sont brèves et intenses. Intenses car brèves, elles n’ont pas le temps de subir la routine qui affecte nos liens les plus ordinaires. »

La France sur le pouce – Courtois & Phicil – Page 7

Dans le huis-clos de l’habitacle, la rencontre sera sûrement sans lendemain, cela aide à aborder les sujets les plus graves mais aussi les plus anodins. Kilomètres après kilomètres, Olivier Courtois dresse le portrait d’une France généreuse (Audi et Jaguar ont fini, elles aussi, par s’arrêter), avec ses petits problèmes de tous les jours qui la tourmente. Phicil dépeint quant à lui des villes et campagnes françaises magnifiques, il accompagne chacune des rencontres de notre stoppeur. L’ensemble est un album sensible, plein d’humanité et positif.

La France sur le pouce – Courtois & Phicil – Page 5

Et si les relations s’inventaient un peu en dehors des sentiers battus ? Autrement qu’en couple ? Olivier Courtois s’évade dans une liberté nomade que beaucoup d’entre nous, dans nos vies bétonnées et connectées avons laissée de coté, oubliant la joie d’une nuit à la belle étoile, d’une rencontre spontanées dans laquelle nous sommes entiers et nous-mêmes car sans la pression de devoir être sous son meilleur jour. Une vie sédentaire symbolisée par le sacro-saint CDI, l’alliance au doigt et les enfants à l’école ne serait plus la norme, celle qui nous rassure tous car avec si peu d’imprévus si délicieux mais inconfortables. Entre nos quatre murs nous nous éteignons à petit feu, tournant en rond et préférons rêver nos vies que vivre nos rêves, bercés dans un confort, nous contentons de ne pas être malheureux.

Si passer au nomadisme n’est pas simple, rapidement l’auteur y prend goût et craint son retour à la vie sédentaire. Les routiers traversant les frontières lui font de l’œil, pourquoi ne pas pousser plus loin ? Il restera en France… Au fil des pages je lève aussi le pouce, peut-être un peu comme sur les réseaux sociaux pour dire que j’aime, mais surtout pour l’accompagner dans ses rencontres de chaque jour, imprévues et passionnantes, simples et spontanées.

La France sur le pouce – Courtois & Phicil – Page 8

Il ne recherche pas le bonheur sur les routes, quête peut-être vouée à l’échec. Il ne cherche pas l’amour. Il y a tant d’autres belles choses à découvrir, tant d’ange-gardiens à rencontrer, de maniaco-dépressifs à calmer, de silencieux à écouter ou d’histoires, toute plus belles et graves les unes que les autres, à recueillir. Peut-on revenir indemne d’une telle expérience ? Le pouce ne vous poussera-t-il pas encore en avant, sur les chemins de traverses, ceux là que les voitures n’empruntent plus que très peu alors que les autoroutes, cicatrices géographiques, nous entraînent toujours plus vite d’un point A à un autre B sans prendre le temps de rencontrer celui qui est assis à coté de vous ?

Moi, j’additionne les kilomètres pour personne. L’amour ou la route, il faut choisir et j’ai choisi l’amour de la route, mais je crains l’ultime carrefour qui va bientôt nous séparer.

Levons le pouce bien haut. Osons l’inconfort. Osons la rencontre !

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « La France sur le pouce », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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