Petit traité d’écologie sauvage

Par Alessandro Pignocchi

Et si le premier ministre se prenait de passion pour les rainettes ?
Et si écraser un hérisson par mégarde risquait de déclencher la fureur de son esprit protecteur ?
Et si le monde et ses dirigeants adoptaient l’animisme des Indiens d’Amazonie ?
La culture occidentale traditionnelle, quant à elle, ne subsisterait plus que dans quelques régions françaises, où un anthropologue jivaro viendrait l’étudier et militer pour sa sauvegarde.
De ce parti pris, Alessandro Pignocchi fait émerger un monde où les valeurs s’inversent, les lignes se déplacent et où les rainettes reçoivent enfin la considération qu’elles méritent.

Peut-on un jour imaginer une telle prise de conscience utopique et particulièrement extrême (sauf peut-être pour les Jivaros ?) ? Le président de la République française, touché par le meurtre atroce d’un hérisson par la roue arrière gauche de la voiture qui le menait au travers de la campagne française vers l’Allemagne et Angela, décide d’abandonner ces modes de transport d’un autre âge et de se rendre à Berlin à vélo. « Reportez le rendez-vous de deux mois… »

Les animaux, les végétaux ne sont plus inférieurs aux hommes. Ils en sont les égaux. Les premiers sont redevables des seconds. Le rapport de force change et le monde occidental n’en peut plus de s’intoxiquer. Les migrants ne sont plus ceux qu’on croit, le Nord fuit vers le Sud pour retrouver un lien perdu avec la Nature. Le bois de Vincennes n’est pas une réserve de biodiversité enviable.

Rapidement les civilisations occidentales en perdition deviennent objets de curiosité pour des anthropologues Jivaros. Ils s’interrogent sur les modes d’élevage laitiers traditionnels qui ne jurent que par la productivité et le rendement mais ne parviennent pas à produire plus ou mieux que les élevages modernes où la vache broute dans des prés d’herbe fraîche. Convient il de les sauvegarder, comme des réserves, afin d’étudier ce qui a mené des hommes à de telles absurdités ? La question se pose. Se posera-t-elle réellement un jour ? Saurons nous avoir un regard critique sur nos pratiques où nous exploitons pour le profit, bien au delà de nos besoins ?

Les politiques du G20 réunis dans une clairière autour d’un feu de camp s’interrogent. Comment expliquer que malgré toutes les atrocités commises, les guerres menées, les décisions prises au nom du « toujours plus », les peuples leurs confient encore la gestion d’une planète qu’ils sont tous simplement incapables de gouverner et de préserver. Personne ne souhaite leur place, personne ne souhaite les voir partir bien que tous (ou presque) sommes conscients du mur vers lequel nous roulons. Paradoxe.

Alessandro Pignocchi, chercheur en sciences cognitives et philosophie, s’interroge sur la relativité de nos valeurs occidentales, pour autant que nous en ayons encore et sur notre mode de vie à cent à l’heure qui évince tout ce qui rampe ou pousse tranquillement sur un bord de route. Il les inverse dans un exercice d’imagination assez jouissif. Alors que dans nos cultures occidentales nous proposons de parquer la Nature dans des zones protégées, bien délimitées, la considérant ainsi comme un objet, comme le précise l’auteur sur France Culture (la classe !), il nous propose de nous considérer comme en faisant complètement partie et de la considérer comme un partenaire avec qui il faut compter !

Les aquarelles viennent pour certaines de son blog, Puntish (http://puntish.blogspot.fr/), dans lequel il croque la vie politique et sociale occidentale du point de vue Jivaro, de quoi poursuivre l’aventure de ce roman graphique. Celui-ci s’articule en court strips et trois partie. La première s’amusant des politiques, la seconde suivant un anthropologue Jivaro tentant de comprendre le mode de fonctionnement parisien, le dernier comme un long épilogue. Si la première peu s’avérer répétitive, comme une escalade politique dans le toujours plus ouvert à la Nature, les seconde et dernière nous font prendre un peu de recul vis-à-vis de notre mode de vie. Changerons-nous quelque chose après cette lecture ? Qui sait ?

***

Cet avis n’est que le mien, sans prétention, si vous avez lu « Petit traité d’écologie sauvage », n’hésitez pas à laisser quelques lignes de commentaires pour éclairer d’autres lecteurs…

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